# Comment entretenir une porte-fenêtre pour prolonger sa durée de vie ?
Les portes-fenêtres constituent des éléments architecturaux essentiels qui combinent les fonctions d’accès et de luminosité dans votre habitat. Contrairement aux fenêtres classiques, elles subissent des contraintes mécaniques accrues en raison de leur manipulation quotidienne et de leur surface vitrée importante. Une porte-fenêtre mal entretenue peut perdre jusqu’à 40% de ses performances isolantes en moins de dix ans, entraînant des déperditions thermiques importantes et une augmentation significative de vos factures énergétiques. L’entretien régulier de ces menuiseries représente donc un investissement rentable qui préserve leur fonctionnalité, maintient leur étanchéité et prolonge leur durée de vie bien au-delà des 25 ans habituellement constatés.
La maintenance préventive d’une porte-fenêtre requiert une approche méthodique adaptée aux spécificités du matériau constitutif et aux conditions d’exposition. Que vous disposiez d’une menuiserie en PVC, en aluminium thermolaqué ou en bois, chaque matériau présente des caractéristiques propres qui nécessitent des gestes d’entretien particuliers. Les professionnels de la menuiserie recommandent un protocole d’intervention structuré qui couvre l’ensemble des composants : profilés, joints d’étanchéité, ferrures, vitrages et systèmes de verrouillage.
Diagnostic préalable de l’état de votre porte-fenêtre PVC, aluminium ou bois
Avant toute intervention d’entretien, l’établissement d’un diagnostic précis constitue une étape incontournable pour identifier les points d’attention prioritaires. Cette évaluation initiale permet de détecter les signes avant-coureurs de dégradation et d’adapter votre protocole de maintenance en conséquence. Commencez par examiner minutieusement l’état général des profilés en recherchant d’éventuelles fissures, déformations ou changements de coloration. Sur les menuiseries PVC blanches, un jaunissement progressif signale souvent une exposition excessive aux rayons UV, tandis que les portes-fenêtres en aluminium peuvent présenter des traces de corrosion localisées dans les zones de jonction.
L’inspection des joints d’étanchéité EPDM ou TPE mérite une attention particulière car ces éléments garantissent l’isolation thermique et phonique de votre installation. Vérifiez leur souplesse en les pinçant délicatement : un joint durci ou fissuré doit être remplacé rapidement pour éviter les infiltrations d’air. Testez également la compression des joints en fermant la porte-fenêtre et en glissant une feuille de papier entre le vantail et le dormant. Si vous parvenez à retirer la feuille sans résistance, cela indique un défaut de compression qui nécessite un réajustement du système de fermeture.
Examinez le fonctionnement des ferrures en actionnant plusieurs fois les poignées et les mécanismes de verrouillage. Des grincements, des frottements anormaux ou une résistance excessive à l’ouverture révèlent généralement un besoin de lubrification ou un problème de réglage. Pour les portes-fenêtres équipées de systèmes oscillo-battants, testez les deux modes d’ouverture afin de vérifier que les compas et bras oscillants fonctionnent correctement sans blocage ni point dur. N’oubliez pas de contrôler l’état du vitrage isolant en recherchant d’éventuelles traces de condensation entre les vitrages, symptôme d’une rupture de l’étanchéité du double vitrage.
Nettoyage et dégraissage des pro
Nettoyage et dégraissage des profilés et des joints d’étanchéité
Une fois le diagnostic réalisé, la première étape concrète consiste à procéder au nettoyage et au dégraissage minutieux de votre porte-fenêtre. Cette opération n’est pas qu’esthétique : un profilé encrassé, des joints saturés de poussières ou de graisses et des dormants recouverts de dépôts calcaires finissent par nuire à l’étanchéité et au bon coulissement des ouvrants. L’objectif est donc de retirer tous les contaminants sans altérer les surfaces, qu’il s’agisse d’un PVC blanc, d’un aluminium thermolaqué ou d’une menuiserie bois avec vitrages isolants.
Avant de commencer, ouvrez largement la porte-fenêtre pour accéder au dormant, aux feuillures et aux zones de drainage. Aspirez les saletés présentes dans les rainures et autour des paumelles avec un embout souple, puis passez un chiffon sec pour éliminer les poussières libres. Ce pré-nettoyage évite de créer une « boue » abrasive lorsque vous utiliserez l’eau et les produits détergents. Vous pouvez ensuite adapter la méthode en fonction du matériau de vos profilés et de la nature des joints d’étanchéité.
Produits adaptés pour le nettoyage des menuiseries PVC et aluminium thermolaqué
Pour le PVC et l’aluminium thermolaqué, privilégiez toujours des produits de nettoyage à pH neutre ou légèrement doux, compris entre 5 et 8. Un simple mélange d’eau tiède et de liquide vaisselle, de savon noir ou de savon de Marseille suffit dans la grande majorité des cas pour dégraisser les profilés sans risquer de ternir leur surface. Évitez systématiquement les solvants agressifs comme l’acétone, l’ammoniaque ou l’eau de Javel, qui peuvent attaquer la couche de finition, faire blanchir le thermolaquage ou fragiliser la surface du PVC.
Appliquez la solution savonneuse avec une éponge non abrasive ou une microfibre, en insistant sur les zones de contact fréquentes (poignée, montant central, seuil, traverse basse). Pour les taches plus tenaces sur du PVC blanc (traces de pollution, dépôts gras), vous pouvez utiliser une pâte composée de vinaigre blanc et de bicarbonate de soude, à laisser agir quelques minutes avant de rincer abondamment. Sur l’aluminium, un nettoyant spécifique pour menuiserie thermolaquée ou de l’argile blanche légèrement humidifiée permettront de récupérer les salissures sans rayer la surface.
Techniques de nettoyage des joints EPDM et TPE sans détérioration
Les joints d’étanchéité EPDM ou TPE sont les garants de la performance thermique et acoustique de votre porte-fenêtre. Ils doivent donc être nettoyés avec précaution pour conserver leur élasticité et leur capacité de compression. Évitez les brosses dures, les éponges abrasives et les solvants pétroliers qui peuvent dessécher le caoutchouc et accélérer son craquèlement. Préférez une eau tiède légèrement savonneuse appliquée avec un chiffon doux ou une petite brosse à poils souples pour déloger les poussières, le sable et les résidus incrustés dans les gorges.
Après le nettoyage, rincez à l’eau claire puis séchez soigneusement les joints avec une microfibre afin de limiter la stagnation d’humidité dans les feuillures. Pour maintenir leur souplesse dans le temps, vous pouvez ensuite appliquer une fine pellicule de silicone en spray ou de vaseline technique à l’aide d’un chiffon, deux fois par an. Ce geste simple limite le durcissement des joints, réduit les risques de collage par temps chaud et améliore la qualité de fermeture de la porte-fenêtre, notamment sur les modèles équipés de systèmes oscillo-battants ou multi-points.
Élimination des résidus calcaires et des moisissures sur les dormants
Dans les pièces humides comme la cuisine ou la salle de bains, ou dans les logements mal ventilés, il n’est pas rare de voir apparaître des traces de calcaire, de salpêtre ou de micro-moisissures sur les dormants et les zones basses de la porte-fenêtre. Ces dépôts ne sont pas seulement inesthétiques : à terme, ils peuvent altérer les joints périphériques, encrasser les évacuations d’eau et provoquer des infiltrations. Pour traiter les résidus calcaires, utilisez un mélange d’eau tiède et de vinaigre blanc dilué (50/50), appliqué avec une éponge douce. Laissez agir quelques minutes, puis rincez abondamment et essuyez.
En présence de moisissures superficielles sur les joints ou les feuillures, nettoyez d’abord avec de l’eau savonneuse, puis utilisez un chiffon imbibé de vinaigre blanc pur ou d’un produit antifongique spécifique pour menuiseries. Il est important de ne pas saturer les surfaces, surtout sur les portes-fenêtres bois, afin d’éviter de détremper la fibre. Si les taches reviennent rapidement, interrogez-vous sur le taux d’humidité de la pièce et la qualité de la ventilation : une porte-fenêtre parfaitement entretenue ne pourra pas compenser un air intérieur constamment saturé d’humidité.
Fréquence optimale de nettoyage selon l’exposition aux intempéries
La fréquence de nettoyage de votre porte-fenêtre dépend étroitement de son environnement. Dans une zone rurale peu polluée et à l’abri des embruns, un entretien complet des profilés et des joints une à deux fois par an est généralement suffisant pour maintenir de bonnes performances. En revanche, en milieu urbain dense, à proximité d’un axe routier ou d’une zone industrielle, la présence de particules fines et de suies impose souvent un nettoyage tous les trois mois pour éviter l’encrassement des rainures et des mécanismes.
Si votre porte-fenêtre est exposée aux embruns marins ou au vent dominant, notamment sur une façade ouest, il est judicieux de réduire les intervalles de nettoyage à six à huit semaines. Cela permet d’éliminer régulièrement le sel, les poussières et les micro-particules qui se déposent sur les profilés et les joints. Pour les pièces très utilisées (séjour avec accès terrasse, cuisine ouverte sur balcon), vous pouvez adopter un rythme intermédiaire, en profitant par exemple des grands ménages de printemps et d’automne pour intégrer le nettoyage complet de votre menuiserie à vos habitudes.
Lubrification des ferrures, paumelles et mécanismes de verrouillage
Après le nettoyage des profilés et des joints, la lubrification des ferrures et des mécanismes constitue la seconde grande étape de l’entretien de votre porte-fenêtre. Chaque ouverture et fermeture met en action un ensemble de pièces métalliques – paumelles, crémones, gâches de sécurité, compas, axes – qui, comme une chaîne de vélo, ont besoin d’un film lubrifiant pour fonctionner sans frottement excessif. Négliger cette étape, c’est accepter une usure prématurée, des grincements et, à terme, des difficultés d’ouverture qui peuvent fausser le réglage global du vantail.
Avant toute lubrification, assurez-vous que les pièces sont propres et exemptes de poussière ou de particules abrasives. Un simple essuyage avec un chiffon sec ou légèrement humidifié suffit généralement, complété si besoin par un léger brossage sur les zones difficilement accessibles. Vous pourrez ensuite appliquer le lubrifiant adapté en très petite quantité, en visant directement les points de rotation, de coulissement et de verrouillage. Mieux vaut en mettre moins et renouveler l’opération une fois par an, que saturer les mécanismes d’huile qui retiendrait les saletés.
Choix de lubrifiants adaptés : huile silicone, WD-40 ou graisse au lithium
Le choix du lubrifiant pour votre porte-fenêtre n’est pas anodin. Tous les produits ne se valent pas, et certains peuvent même être déconseillés selon l’usage. L’huile silicone est particulièrement appréciée pour les menuiseries PVC et aluminium, car elle ne tache pas, résiste bien aux variations de température et offre une bonne protection contre l’humidité. Elle est idéale pour les joints mobiles, les compas oscillo-battants et les petites pièces de quincaillerie. La graisse au lithium, plus épaisse, convient mieux aux points de friction importants comme certains axes de paumelles ou les rails de coulissement fortement sollicités.
Le WD-40 et les dégrippants analogues peuvent être utiles pour débloquer un mécanisme ou chasser l’humidité en cas de grippage ponctuel, mais ils ne doivent pas constituer votre lubrifiant principal sur le long terme. Utilisés seuls, ils ont tendance à s’évaporer rapidement et à laisser les pièces à nu. Idéalement, on les emploie en première intervention pour libérer un axe, puis on applique ensuite une huile ou une graisse adaptée pour assurer la lubrification durable. Dans tous les cas, évitez les huiles végétales ou alimentaires, qui rancissent et se transforment en film collant attirant la poussière.
Points de lubrification des crémones et gâches de sécurité
Les crémones et les gâches de sécurité jouent un rôle central dans le verrouillage de votre porte-fenêtre, en particulier sur les modèles à fermeture multi-points. Pour les entretenir, commencez par ouvrir complètement le vantail et localiser les rouleaux, galets champignon et pênes qui coulissent le long du chant de la porte. Appliquez une petite goutte d’huile silicone ou de lubrifiant sans acide sur chaque point mobile, puis actionnez plusieurs fois la poignée pour répartir le produit sur l’ensemble du mécanisme. Vous constaterez souvent une amélioration immédiate de la fluidité de la poignée.
Les gâches fixées sur le dormant méritent également votre attention. Vérifiez qu’elles ne présentent pas de jeu excessif ni de saletés incrustées qui gêneraient l’engagement des galets. Un léger film de lubrifiant peut être appliqué sur les zones de contact, mais sans excès pour ne pas tacher les joints ou les profilés. Ce travail minutieux permet de préserver l’efficacité de la fermeture multi-points, véritable « ceinture de sécurité » de votre porte-fenêtre en cas de tentative d’effraction, tout en maintenant une compression homogène du vantail sur les joints périphériques.
Entretien des compas et bras oscillants pour ouverture à la française
Sur les portes-fenêtres à la française et oscillo-battantes, les compas et bras oscillants assurent la stabilité de l’ouvrant et guident son mouvement. Avec le temps, la poussière et de fines particules métalliques issues de l’usure naturelle peuvent se déposer dans ces articulations, créant des points durs et des grincements. Pour y remédier, ouvrez la porte-fenêtre dans ses deux positions (battante et oscillo) et observez le mouvement des bras métalliques. Identifiez les axes de rotation, les glissières et les coulisseaux qui doivent rester parfaitement libres.
Après un dépoussiérage soigneux, appliquez un lubrifiant fluide (huile silicone ou lubrifiant spécial ferrures) sur chaque axe et dans les glissières, en veillant à essuyer immédiatement l’excédent avec un chiffon. L’idée n’est pas de « noyer » le compas, mais de former un film fin et homogène. Un bon test consiste à manœuvrer la porte-fenêtre plusieurs fois : si l’ouverture et la bascule se font sans bruit et sans à-coups, l’entretien est réussi. Si des blocages persistent, cela peut traduire un problème de réglage ou un début de déformation du vantail qu’il conviendra de corriger par la suite.
Maintenance des systèmes oscillo-battants et mécanismes multi-points
Les systèmes oscillo-battants et les mécanismes multi-points offrent un confort d’usage et un niveau de sécurité élevés, mais ils sont également plus complexes qu’une simple fermeture à un point. Comme une horloge à engrenages, l’ensemble ne fonctionne correctement que si chaque élément est en bon état et correctement lubrifié. Outre les compas et crémones, pensez à vérifier l’état des renvois d’angle, des tringles de transmission et des pièces de guidage situées en haut et en bas du vantail.
Une à deux fois par an, procédez à une maintenance globale de votre système oscillo-battant : inspection visuelle, dépoussiérage, lubrification légère des pièces mobiles et test complet des différentes positions (ouverture à la française, ouverture en soufflet, fermeture). Si vous constatez un jeu important dans une position, un claquement inhabituel ou un blocage, n’insistez pas. Il est alors préférable de revenir à une position stable, de nettoyer à nouveau et, en cas de doute, de consulter la notice du fabricant ou de faire appel à un professionnel pour éviter d’endommager un renvoi d’angle ou de fausser la tringle de commande.
Réglage des vantaux et ajustement de la compression
Avec les années, le poids du vitrage, les variations de température et les micro-mouvements de la maçonnerie peuvent entraîner un léger affaissement du vantail ou une perte de compression sur les joints. Vous le remarquez lorsque la porte-fenêtre frotte au sol, coince en partie haute ou laisse passer un filet d’air malgré une fermeture apparente. Plutôt que de forcer sur la poignée, il est temps d’ajuster les réglages des ferrures. Comme pour une porte d’entrée, ces ajustements permettent de remettre l’ouvrant dans sa position optimale et de restaurer l’étanchéité initiale sans changer la menuiserie.
La plupart des portes-fenêtres modernes en PVC, aluminium ou bois sont équipées de paumelles et de gâches réglables à l’aide de clés hexagonales (type clé Allen). Avant d’intervenir, repérez précisément les zones de frottement en fermant la porte-fenêtre doucement et en observant les contacts. Il est recommandé de procéder par petites corrections successives, en testant la fermeture après chaque ajustement, plutôt que de tourner largement une vis au risque de créer un nouveau déséquilibre.
Correction du jeu latéral et vertical par les vis de réglage hexagonales
Pour corriger un affaissement vertical du vantail (frottement sur le seuil, difficulté à engager les galets dans les gâches), vous pouvez agir sur les vis de réglage situées au niveau des paumelles inférieures et parfois supérieures. En règle générale, une vis permet le réglage en hauteur, tandis qu’une autre contrôle le jeu latéral. L’utilisation d’une clé hexagonale appropriée (souvent 4 ou 5 mm) vous permet de relever légèrement l’ouvrant ou de le rapprocher/écarter du dormant. Une rotation de quelques degrés suffit souvent à corriger un défaut léger.
Pour le jeu latéral, intervenez préférentiellement sur les paumelles médianes ou supérieures, de manière à recentrer le vantail dans le cadre sans modifier la verticalité globale. Si votre porte-fenêtre comporte deux vantaux, veillez à conserver une symétrie de réglage entre l’ouvrant principal et le semi-fixe pour garantir une bonne rencontre des montants centraux. Là encore, mieux vaut ajuster progressivement, comme on affine la mise à niveau d’une porte de placard, plutôt que de dérégler brutalement l’ensemble en un seul geste.
Optimisation de la pression sur les joints périmétriques
L’ajustement de la compression sur les joints périmétriques est essentiel pour assurer une bonne étanchéité à l’air et à l’eau, surtout en présence de vents forts ou de pluies battantes. Trop faible, la compression laisse passer les courants d’air ; trop forte, elle fatigue prématurément les joints et rend la fermeture difficile. Sur de nombreuses portes-fenêtres, la pression peut être modifiée en agissant sur les galets excentriques des crémones ou sur des gâches réglables. En tournant légèrement le galet avec une clé Allen ou une pince adaptée, vous augmentez ou diminuez la pression exercée sur le joint lorsque la poignée est en position fermée.
Pour vérifier le bon réglage, vous pouvez utiliser à nouveau le test de la feuille de papier : insérée entre le dormant et l’ouvrant, elle doit être légèrement retenue lorsque la porte-fenêtre est fermée, sans pour autant être impossible à retirer. N’hésitez pas à adapter la compression en fonction des saisons : une compression un peu plus forte en hiver pour renforcer l’isolation thermique, et légèrement réduite en été pour ménager les joints lorsque les écarts de température sont moins importants. Cette « micro-régulation » saisonnière, encore peu pratiquée, permet pourtant de prolonger la durée de vie des joints tout en optimisant le confort.
Détection et résolution des problèmes d’affaissement des ouvrants
Un affaissement significatif de l’ouvrant se manifeste souvent par un frottement prononcé sur la traverse basse, un jour visible en partie haute ou un désalignement des montants centraux sur une porte-fenêtre à deux vantaux. Dans ce cas, les simples réglages de paumelles peuvent ne pas suffire, surtout si la menuiserie est ancienne ou si le dormant a lui-même bougé. Commencez toujours par vérifier le bon serrage des vis de fixation des paumelles et des gâches dans le dormant : un desserrage progressif peut accentuer l’affaissement sans que la structure soit réellement déformée.
Si, malgré un resserrage et des réglages minutieux, le vantail reste difficile à manœuvrer, il peut être nécessaire de faire appel à un menuisier ou au service après-vente du fabricant. Un professionnel pourra contrôler la planéité du dormant, l’équerrage de l’ouvrant et, le cas échéant, envisager la pose de renforts, le remplacement de paumelles sous-dimensionnées ou le re-calage du vitrage dans le vantail. Il est important d’intervenir avant que l’affaissement ne provoque une rupture d’étanchéité durable ou ne déforme irréversiblement le profilé, ce qui imposerait alors un remplacement complet de la porte-fenêtre.
Contrôle et remplacement des joints d’isolation thermique
Les joints d’isolation thermique constituent la première ligne de défense de votre porte-fenêtre contre les déperditions de chaleur, les courants d’air et les infiltrations d’eau. Même parfaitement entretenus, ils ont une durée de vie limitée, qui varie généralement entre 10 et 15 ans selon la qualité initiale, l’exposition aux UV et les amplitudes thermiques. Un contrôle régulier de leur état vous permet d’anticiper leur remplacement avant que les pertes de performance ne deviennent sensibles, par exemple par l’apparition de condensation sur le pourtour des vitrages ou une sensation de paroi froide à proximité de la porte-fenêtre.
Pour vérifier vos joints, observez-les sur tout leur périmètre en recherchant des zones écrasées, craquelées, durcies ou décollées. N’hésitez pas à les palper : un joint en bon état reste souple et revient en place après compression. Les angles et les zones proches des paumelles sont particulièrement sensibles, car ils subissent des contraintes mécaniques répétées. Un joint légèrement fendu ou écrasé sur quelques centimètres peut suffire à créer un point de faiblesse dans la continuité de l’étanchéité périphérique.
Lorsque le remplacement s’impose, commencez par identifier le type de joint (EPDM, TPE, mousse) et son profil exact (forme, largeur, profondeur d’emboîtement). Il est vivement conseillé de se procurer des joints d’origine auprès du fabricant ou d’un distributeur spécialisé, plutôt que d’opter pour un modèle générique approximatif. Pour la dépose, tirez délicatement l’ancien joint en commençant par un angle, puis nettoyez soigneusement la gorge avec une brosse souple et un chiffon humide pour retirer les résidus de colle ou de matière.
La pose du nouveau joint doit se faire sans tension excessive, en veillant à bien le plaquer dans sa gorge sur toute la longueur et en soignant particulièrement les raccords d’angles. Ne tirez pas sur le joint pendant l’installation, au risque de le voir se rétracter par la suite et laisser un jour. Une fois la pose terminée, refermez la porte-fenêtre et laissez-la en position fermée quelques heures : cette « mise en compression » douce permet au joint de se caler dans sa position définitive et d’assurer un contact uniforme avec le dormant. Vous retrouverez ainsi le niveau d’isolation thermique et phonique d’une menuiserie récente, sans avoir eu à la remplacer.
Traitement préventif des menuiseries bois et vérification du vitrage isolant
Si votre porte-fenêtre est en bois, l’entretien du matériau structurel lui-même est tout aussi déterminant que celui des ferrures et des joints. Le bois est un matériau vivant qui réagit aux variations d’humidité et de température : sans protection adaptée, il peut se fissurer, se déformer ou se dégrader sous l’action des UV et des intempéries. Un traitement préventif régulier – lasure, peinture microporeuse, produits fongicides et insecticides – agit comme une « coque » protectrice qui préserve les propriétés mécaniques et isolantes du bois sur plusieurs décennies.
Avant toute remise en peinture ou en lasure, inspectez soigneusement la surface : zones grisées, cloques, écaillages, micro-fissures autour des assemblages ou au bas des vantaux sont autant de signaux d’alerte. Un ponçage léger au grain moyen, dans le sens des fibres, permet d’éliminer les parties non adhérentes et de retrouver une surface saine. Si le bois est mis à nu par endroits, l’application d’un traitement fongicide et insecticide est recommandée, suivie d’une lasure ou d’une peinture microporeuse adaptée aux menuiseries extérieures. Ce type de finition laisse le bois respirer tout en le protégeant de l’eau et des UV.
La fréquence de ces traitements dépend fortement de l’exposition : sur une façade très ensoleillée ou battue par la pluie, un rafraîchissement de la lasure tous les 3 à 5 ans peut être nécessaire, tandis qu’un intervalle plus long est envisageable sur une façade abritée. Ne négligez pas non plus les chants des vantaux, les bas de portes et les zones de coupe qui sont particulièrement vulnérables aux infiltrations d’eau. Un soin apporté à ces détails vous évitera bien des désagréments, comme le gonflement du bois rendant la fermeture difficile ou la formation de zones de pourriture localisée.
Enfin, la vérification régulière du vitrage isolant complète votre stratégie d’entretien global. Une porte-fenêtre équipée d’un double ou triple vitrage performant perd une grande partie de son intérêt si l’étanchéité de la lame d’air (ou de gaz argon) est compromise. Surveillez l’apparition de condensation persistante ou de traces opaques à l’intérieur même du vitrage, entre les deux glaces : ce phénomène indique généralement une rupture de l’étanchéité du vitrage isolant. Dans ce cas, le remplacement du seul vitrage (sans forcément changer tout le châssis) permet de restaurer les performances thermiques.
Profitez de cette vérification pour contrôler l’état des mastics et parcloses : absence de fissures, bonne tenue mécanique, pas de jeu visible entre le verre et le profilé. Une parclose mal clipsée ou un mastic dégradé peuvent créer des ponts thermiques et des infiltrations ponctuelles, même si le vitrage isolant lui-même reste intact. En combinant un traitement préventif du bois, une surveillance attentive des vitrages et un entretien régulier des joints et ferrures, vous offrez à votre porte-fenêtre toutes les chances de conserver ses performances d’origine pendant plusieurs décennies, tout en préservant le confort et la valeur énergétique de votre logement.