L’étanchéité à l’air des ouvertures représente l’un des défis majeurs de l’efficacité énergétique dans le bâtiment moderne. Les fenêtres, portes et autres menuiseries constituent des points sensibles où les déperditions thermiques peuvent atteindre jusqu’à 15% de la consommation énergétique totale d’un logement. Cette problématique prend une dimension particulière avec l’évolution des réglementations thermiques, qui imposent des exigences de plus en plus strictes en matière de perméabilité à l’air. Une mauvaise étanchéité des ouvertures génère non seulement des pertes énergétiques importantes, mais également des problèmes de confort thermique et acoustique pour les occupants.

L’amélioration de l’étanchéité à l’air des menuiseries nécessite une approche méthodique combinant diagnostic précis, techniques d’intervention adaptées et respect des normes en vigueur. Les technologies modernes de mesure et les matériaux innovants offrent aujourd’hui des solutions performantes pour traiter efficacement ces défauts d’étanchéité.

Diagnostic thermographique infrarouge pour identifier les défauts d’étanchéité des menuiseries

Le diagnostic thermographique constitue la première étape indispensable pour identifier avec précision les défauts d’étanchéité des ouvertures. Cette méthode non-destructive permet de visualiser les variations de température à la surface des éléments analysés, révélant ainsi les zones de déperditions thermiques souvent invisibles à l’œil nu. La thermographie infrarouge présente l’avantage majeur de fournir une cartographie complète des performances thermiques de l’enveloppe du bâtiment.

Utilisation de la caméra thermique FLIR E8-XT pour détecter les ponts thermiques

La caméra thermique FLIR E8-XT représente un outil de référence pour l’analyse thermographique des menuiseries. Dotée d’une résolution infrarouge de 320×240 pixels et d’une sensibilité thermique inférieure à 0,05°C, cette caméra permet de détecter les moindres variations de température. L’utilisation de cet équipement nécessite des conditions de mesure optimales, avec un différentiel de température entre intérieur et extérieur d’au moins 10°C pour obtenir des résultats fiables.

Le protocole de mesure recommande l’utilisation d’une émissivité réglée entre 0,85 et 0,95 selon le type de matériau analysé. Les images thermiques doivent être prises à une distance comprise entre 1 et 3 mètres des ouvertures, en évitant les réflexions parasites provenant d’autres sources de chaleur. Cette méthodologie permet d’identifier avec précision les défauts d’étanchéité au niveau des dormants, ouvrants et systèmes de fermeture.

Interprétation des gradients de température autour des châssis de fenêtres

L’interprétation des thermogrammes requiert une expertise technique approfondie pour distinguer les véritables défauts d’étanchéité des artefacts de mesure. Les gradients de température significatifs se manifestent par des variations chromatiques nettes sur les images infrarouges. Une différence de température supérieure à 3°C entre le châssis et les zones adjacentes indique généralement la présence d’un pont thermique important nécessitant une intervention corrective.

L’analyse doit porter une attention particulière aux jonctions entre différents matériaux, zones où les discontinuités thermiques sont les plus fréquentes. Les angles des châssis

présentent souvent des signatures thermiques caractéristiques, avec des zones plus froides en périphérie des vitrages ou le long des tapées d’isolation. En croisant ces observations avec la connaissance de la composition des parois (nature des matériaux, épaisseur d’isolant, présence d’un rupteur de pont thermique), on peut distinguer un simple défaut d’isolation d’un véritable défaut d’étanchéité à l’air. L’analyste thermographe doit également tenir compte des conditions extérieures (vent, ensoleillement, humidité) pour éviter de surinterpréter certains contrastes de température ponctuels.

Mesure du coefficient de transmission thermique linéique Ψ des jonctions

Au-delà de la simple visualisation des ponts thermiques, la thermographie peut être associée à des calculs pour estimer le coefficient de transmission thermique linéique Ψ des jonctions menuiseries/maçonnerie. Ce coefficient, exprimé en W/(m.K), traduit les pertes de chaleur par mètre de liaison. En pratique, il est déterminé à partir de modèles numériques (2D ou 3D) calés sur les températures de surface mesurées par la caméra thermique, puis comparé aux valeurs de référence issues des catalogues fabricants ou des règles Th-Bât.

Une valeur de Ψ élevée au droit des tapées, appuis de fenêtres ou linteaux signale un pont thermique structurel qui dégrade fortement l’isolation, même si l’étanchéité à l’air semble correcte. À l’inverse, un Ψ modéré, mais associé à des zones de surface très froides et localisées, peut indiquer une infiltration d’air concentrée (joint dégradé, mousse manquante). Cette approche quantitative permet de hiérarchiser les interventions : faut-il prioriser un renforcement d’isolant, un calfeutrement, ou un remplacement complet des menuiseries ?

Pour les projets à haute performance (maison passive ou bâtiment très basse consommation), l’objectif est généralement de viser des valeurs de Ψ inférieures à 0,04 W/(m.K) pour les jonctions courantes de menuiseries. Lorsque les mesures et simulations dépassent largement ces seuils, il devient pertinent d’envisager des systèmes de pose « en applique dans l’isolant » avec tapées isolées, ou des menuiseries certifiées à rupteurs de ponts thermiques renforcés.

Analyse des infiltrations d’air par thermographie quantitative

La thermographie quantitative, couplée à des mesures de température et d’humidité, permet d’aller plus loin dans l’analyse des infiltrations d’air au niveau des ouvertures. L’idée est de ne plus se limiter à une simple image qualitative, mais d’exploiter les valeurs numériques des températures de surface et de l’air ambiant. En observant l’évolution des thermogrammes lors d’une mise en pression ou en dépression légère du bâtiment (par exemple via un ventilateur ou une VMC temporairement forcée), on visualise clairement les trajectoires de l’air froid qui s’infiltre par les interstices des châssis.

Les zones où la température de surface chute brutalement lors de la mise en dépression, en particulier autour des joints de vitrage, des paumelles ou des seuils, révèlent des fuites d’air significatives. En comparant ces mesures à différents débits de ventilation, on peut estimer l’importance relative de chaque fuite par rapport au comportement global de l’ouverture. Cette démarche est particulièrement utile pour valider l’efficacité de travaux de calfeutrement : avez-vous vraiment supprimé le défaut, ou simplement réduit un courant d’air majeur en laissant persister plusieurs petites infiltrations ?

Dans les bâtiments récents, la thermographie quantitative est souvent réalisée en complément d’un test d’infiltrométrie Blower Door, ce qui permet de corréler les images infrarouges aux données de débit de fuite mesuré. Pour le propriétaire, c’est une approche très parlante : vous visualisez en direct, en couleurs, les endroits précis où votre chauffage s’échappe… et où des travaux ciblés d’étanchéité à l’air sur les menuiseries auront le meilleur retour sur investissement.

Test d’infiltrométrie blower door selon la norme NF EN 13829

Le test d’infiltrométrie, plus connu sous le nom de test Blower Door, constitue la référence réglementaire pour mesurer la perméabilité à l’air d’un bâtiment et, par extension, la qualité d’étanchéité des ouvertures. Réalisé conformément à la norme NF EN 13829 (et à son évolution ISO 9972), il permet de quantifier précisément les débits de fuite à différents paliers de pression, généralement autour de 50 Pa. Ce test est indispensable dans le neuf pour la RE2020 et fortement recommandé en rénovation performante, notamment lorsque l’on remplace un nombre important de fenêtres ou de portes extérieures.

Protocole de mesure de la perméabilité à l’air n50 avec ventilateur minneapolis

Le protocole standard consiste à installer un ventilateur calibré de type Minneapolis Blower Door dans l’une des portes extérieures du logement. Toutes les ouvrants (fenêtres, portes) sont fermés, tandis que les bouches de ventilation sont généralement mises en configuration de fonctionnement normal ou obturées selon l’objectif du test. Le ventilateur crée une dépression (et parfois une surpression) de l’ordre de 50 Pa entre l’intérieur et l’extérieur, simulant ainsi une situation de vent modéré.

On mesure alors le débit d’air nécessaire pour maintenir cette différence de pression, ce qui permet de calculer l’indicateur n50, exprimé en volume/heure. Il s’agit du nombre de renouvellements d’air par heure à 50 Pa de pression différentielle. Plus cette valeur est faible, plus le bâtiment est étanche. Dans un logement courant rénové, un n50 autour de 3 à 4 vol/h est déjà un bon résultat ; dans une maison passive, la cible se situe à 0,6 vol/h ou moins. Le technicien réalise une série de mesures à différents paliers (de 10 à 60 Pa) pour tracer une courbe débit/pression, gage de fiabilité et de reproductibilité.

Pour que les résultats soient exploitables, il est essentiel de respecter un protocole rigoureux : prise en compte des conditions météorologiques, stabilisation de la pression, vérification de l’absence d’ouvertures accidentelles, et saisie des volumes chauffés exacts. Une mauvaise préparation peut fausser les mesures et sous-estimer, ou au contraire surestimer, les fuites au niveau des menuiseries extérieures.

Localisation des fuites d’air par fumigène ou anémomètre à fil chaud testo 405i

Le test Blower Door ne se limite pas à un chiffre global. Une fois la dépression stabilisée, le professionnel parcourt le logement pour localiser les principales fuites d’air, en particulier au niveau des fenêtres, portes, coffres de volets roulants et traversées de parois. Pour rendre les flux d’air visibles, il utilise souvent un générateur de fumée ou des outils portatifs comme un crayon de fumée (« smoke-pen »), qui permet de visualiser les zones d’aspiration autour des joints et liaisons maçonnerie/menuiserie.

Pour une approche plus quantitative, un anémomètre à fil chaud de type Testo 405i peut être employé. Cet instrument mesure la vitesse de l’air au droit d’une fuite, ce qui permet d’estimer le débit local de passage d’air. En parcourant systématiquement les pourtours des châssis, seuils et coffres, on dresse une cartographie précise des défauts d’étanchéité. Vous serez parfois surpris de constater que la majorité des infiltrations viennent de quelques points très localisés, comme une jonction de dormant mal jointoyée ou un coffre de volet roulant ancien.

Cette phase de recherche de fuites est particulièrement utile en rénovation, car elle permet d’orienter des travaux de calfeutrement ciblés, sans devoir remplacer toutes les ouvertures. Elle sert aussi à vérifier l’efficacité d’une intervention : un second passage au crayon de fumée ou à l’anémomètre après reprise des joints confirme, de manière visuelle et chiffrée, la suppression des courants d’air parasites.

Calcul du débit de fuite spécifique Q4Pa-surf pour les ouvrants

En complément de l’indicateur n50, la réglementation française s’appuie sur le débit de fuite spécifique Q4Pa-surf, exprimé en m³/(h.m²), mesuré à 4 Pa de pression. Cet indicateur rapporte le débit total de fuite à la surface déperditive de l’enveloppe et permet de comparer des bâtiments de tailles différentes. Lorsque l’on cherche à évaluer l’impact spécifique des ouvertures sur la perméabilité à l’air, il est possible de procéder à des tests partiels ou à des extrapolations en isolant certaines zones lors du test Blower Door.

Concrètement, on peut par exemple bâcher provisoirement une façade dépourvue de menuiseries pour concentrer la mesure sur une zone représentative comportant plusieurs fenêtres ou portes. Le débit mesuré est alors ramené à la surface totale des ouvrants concernés pour obtenir un Q4Pa-surf « menuiseries ». Cette approche permet d’identifier si les fuites sont principalement liées à la structure (murs, toiture, planchers) ou si les menuiseries constituent le point faible majeur de l’enveloppe.

Dans un projet de rénovation énergétique, ces données orientent la stratégie : si le Q4Pa-surf des menuiseries est largement supérieur à celui des parois opaques, il sera pertinent de concentrer les efforts sur le remplacement de fenêtres, le renforcement des joints, ou la reprise des liaisons avec la maçonnerie. À l’inverse, si les menuiseries se révèlent déjà performantes, mieux vaut investir prioritairement dans l’isolation des combles, de la toiture ou des planchers bas.

Évaluation de la classe d’étanchéité A selon le référentiel PassivHaus

Pour les projets visant des niveaux de performance très élevés, comme les bâtiments certifiés PassivHaus, l’évaluation de l’étanchéité à l’air des menuiseries se fait aussi au regard de la classe d’étanchéité « A » des produits. Le référentiel PassivHaus exige que les fenêtres et portes extérieures atteignent des niveaux de fuite extrêmement bas, vérifiés en laboratoire selon des protocoles normalisés (par exemple EN 12207 pour l’étanchéité à l’air des fenêtres).

En pratique, cela signifie choisir des menuiseries disposant d’une classe d’étanchéité à l’air maximale (classe 4) et d’un coefficient de transmission thermique Uw très faible, souvent inférieur à 0,80 W/(m².K) pour les fenêtres. Lors du test Blower Door, un bâtiment visant la certification passive doit afficher un n50 ≤ 0,6 vol/h, ce qui impose une qualité de pose irréprochable et un traitement soigneux de toutes les jonctions entre châssis, pare-vapeur et isolant.

Dans ce contexte, renforcer l’étanchéité à l’air de vos ouvertures ne se résume plus à poser un joint supplémentaire. Il s’agit de mettre en œuvre un véritable « système » menuiserie + calfeutrement + raccord aux membranes, pensé comme un ensemble cohérent. Les retours d’expérience de bâtiments passifs montrent qu’une large part des échecs à la première mesure Blower Door provient encore des menuiseries : défaut de réglage des ferrures, joints mal comprimés, ou absence de continuité entre le plan d’étanchéité à l’air des parois et celui des ouvrants.

Techniques de calfeutrement professionnel des menuiseries extérieures

Une fois le diagnostic posé, vient l’étape clé : le traitement des fuites d’air par des techniques de calfeutrement adaptées. L’objectif est de garantir la continuité du plan d’étanchéité à l’air tout autour des châssis, tout en préservant la gestion de la vapeur d’eau et la durabilité des matériaux. Un calfeutrement réussi, c’est un peu comme une fermeture Éclair parfaitement ajustée : aucune zone ne doit rester ouverte, sous peine de perdre une partie des bénéfices de votre isolation.

Application de mastic polyuréthane sikaflex-552 sur dormants de fenêtres

Le mastic polyuréthane, tel que le Sikaflex-552, est largement utilisé pour assurer l’étanchéité à l’air et à l’eau des liaisons entre le dormant de la fenêtre et la maçonnerie. Sa grande élasticité et sa forte adhérence sur de nombreux supports (PVC, aluminium, bois, béton, briques) en font un allié précieux pour traiter les microfissures et interstices qui subsistent après la pose. Il permet de compenser les mouvements différentiels entre les matériaux tout en maintenant une barrière étanche durable.

En pratique, l’application commence par une préparation minutieuse des supports : dépoussiérage, dégraissage, et, si nécessaire, usage d’un primaire d’adhérence recommandé par le fabricant. Le cordon de mastic est ensuite posé en continu tout autour du dormant, en veillant à éviter les reprises et ruptures. Un lissage soigné, au doigt ou à la spatule, permet d’assurer un bon contact et d’éliminer les bulles d’air. Pour les joints larges, l’utilisation préalable d’un fond de joint compressible est indispensable pour respecter les épaisseurs et limiter la consommation de mastic.

Ce traitement est particulièrement efficace pour supprimer les infiltrations d’air au droit des tapées d’isolation, des appuis ou des linteaux. Il vient souvent en complément d’autres dispositifs (mousse expansive, bandes d’étanchéité) afin d’assurer une finition propre et durable, aussi bien dans le neuf qu’en rénovation de menuiseries existantes.

Mise en œuvre de mousse expansive polyuréthane à cellules fermées illbruck

Pour combler les vides entre le dormant et le gros œuvre, la mousse expansive polyuréthane à cellules fermées, comme celles proposées par Illbruck, offre une solution à la fois isolante et relativement étanche à l’air. Injectée sous forme de mousse souple qui se dilate, elle remplit les cavités et limite les circulations d’air parasites au niveau de la feuillure de pose. Son principal atout : épouser parfaitement la géométrie parfois irrégulière des tableaux de maçonnerie.

La mise en œuvre nécessite cependant de la maîtrise. Une surdilatation peut exercer des efforts sur le dormant et entraîner des déformations, notamment sur les menuiseries PVC les plus légères. Il est donc recommandé d’appliquer la mousse en plusieurs passes, en contrôlant la pression, et de respecter les préconisations du fabricant en termes de température et d’humidité ambiante. Une fois durcie, la mousse doit être protégée des UV et de l’humidité par un habillage (enduit, couvre-joint, bande d’étanchéité) pour conserver ses performances dans le temps.

Il est important de rappeler que la mousse expansive, seule, ne suffit pas à assurer une parfaite étanchéité à l’air. Elle doit être intégrée dans un système complet comprenant, côté intérieur, un joint ou une membrane pare-vapeur, et côté extérieur, un traitement plus ouvert à la diffusion de vapeur (bande perméable à la vapeur, compriband, etc.). C’est cette combinaison qui permet de concilier isolation thermique, étanchéité à l’air et gestion saine de l’humidité dans l’épaisseur du mur.

Installation de joint compriband EPDM compriband BG1 pour liaisons maçonnerie

Les joints pré-comprimés de type Compriband BG1, souvent composés de mousse imprégnée ou d’EPDM, sont conçus pour assurer simultanément l’étanchéité à l’air, à l’eau et une isolation acoustique correcte au niveau des liaisons menuiserie/maçonnerie. Livrés en rouleaux compressés, ils se dilatent progressivement une fois en place pour venir épouser les irrégularités des supports et combler l’espace entre le dormant et le tableau.

La pose se fait généralement avant l’installation définitive de la fenêtre : le bandeau de compriband est collé sur le pourtour du dormant, puis la menuiserie est mise en place dans l’ouverture. En quelques heures, le joint se déploie et forme une barrière continue, résistante aux intempéries et aux variations de température. Ce système est particulièrement intéressant pour les façades très exposées au vent et à la pluie, où les simples mastics risqueraient de se fissurer ou de se décoller avec le temps.

Pour garantir la performance annoncée (classement BG1, par exemple), il est crucial de respecter scrupuleusement les largeurs de joint recommandées et de choisir le produit adapté à l’écart réel entre dormant et gros œuvre. Un joint trop comprimé ne pourra pas s’épanouir correctement, tandis qu’un joint sous-comprimé laissera persister des fuites d’air. C’est souvent ce type de détail qui fait la différence entre une pose simplement « conforme » et une pose réellement performante sur le plan de l’étanchéité à l’air.

Pose de film pare-vapeur vario duplex avec adhésif tescon vana

Pour assurer la continuité du plan d’étanchéité à l’air côté intérieur, en particulier dans les constructions très performantes, on recourt fréquemment à des membranes pare-vapeur ou freins-vapeur intelligents comme Vario Duplex, associées à des adhésifs haute performance de type Tescon Vana. Ces films sont posés en périphérie des menuiseries pour relier le dormant à la paroi intérieure (cloison, doublage isolé), créant ainsi un « écran » continu contre les infiltrations d’air et les transferts de vapeur non maîtrisés.

La mise en œuvre consiste à faire remonter la membrane sur le dormant, puis à la raccorder à la membrane des parois ou au parement intérieur. Les recouvrements entre lés sont soigneusement collés avec un adhésif spécifique, résistant au vieillissement et aux variations hygrométriques. L’objectif est d’obtenir une enveloppe parfaitement continue, sans perforations, à l’exception des passages de gaines ou de câbles qui seront eux-mêmes traités avec des œillets ou manchons étanches.

Cette technique est particulièrement indiquée dans les maisons ossature bois, les toitures isolées en rampant, ou les murs intérieurs doublés par une ossature métallique. Elle permet de maîtriser à la fois l’étanchéité à l’air et le flux de vapeur d’eau vers l’isolant, réduisant les risques de condensation interne. En pratique, la réussite de ce type de détail de menuiserie repose autant sur la qualité des produits que sur la coordination des corps d’état : charpentier, menuisier, plaquiste et électricien doivent travailler de concert pour ne pas percer ou interrompre le plan d’étanchéité à l’air.

Optimisation des systèmes de fermeture et joints d’étanchéité

Au-delà du calfeutrement entre menuiseries et maçonnerie, l’étanchéité à l’air dépend aussi fortement de la qualité des systèmes de fermeture et des joints intégrés aux ouvrants eux-mêmes. Une fenêtre performante mal réglée ou dotée de joints usés restera une source importante de pertes de chaleur. On peut comparer cela à une portière de voiture : même avec les meilleurs joints, si elle ferme mal, le bruit et l’air s’engouffrent.

La première étape consiste donc à vérifier le réglage des ferrures et des paumelles. Avec le temps, le poids des vitrages et les mouvements de la structure peuvent provoquer des affaissements, générant des jours entre l’ouvrant et le dormant. Un simple réajustement des fiches ou des compas (hauteur, compression, appui latéral) permet bien souvent de retrouver une compression correcte des joints sur tout le pourtour. Ce réglage est particulièrement important pour les fenêtres oscillo-battantes et les coulissants de grande dimension.

Les joints périphériques (joints à lèvre, joints tubulaires, joints magnétiques sur certains modèles) doivent aussi être inspectés régulièrement. Un joint craquelé, durci ou écrasé perd une grande partie de son efficacité. Leur remplacement, souvent peu coûteux, améliore nettement l’étanchéité à l’air et au bruit. Dans certains cas, il est possible de monter des joints de meilleure qualité que ceux d’origine, par exemple en EPDM de haute durabilité, ce qui améliore le confort sans changer la fenêtre entière.

Enfin, il ne faut pas négliger les points singuliers : seuils de portes d’entrée, seuils de baies coulissantes, grilles d’aération intégrées, coffres de volets roulants intérieurs. L’ajout d’un joint balai sous une porte, d’un seuil aluminium avec joint intégré, ou la réfection des joints entre coffre de volet et mur limite fortement les entrées d’air froid au niveau des circulations. Dans une approche globale, optimiser ces détails peut réduire significativement la sensation de courant d’air, pour un investissement bien plus faible que le remplacement complet des ouvrants.

Solutions d’amélioration pour fenêtres existantes et nouvelles installations

Renforcer l’étanchéité à l’air de vos ouvertures ne signifie pas forcément tout remplacer. En rénovation, il est souvent possible d’obtenir un très bon rapport coût/performance en combinant plusieurs actions : réglage des ouvrants, changement des joints, calfeutrement périphérique, et traitement des points singuliers. La clé est d’adapter la solution à l’état initial des menuiseries et au niveau de performance énergétique visé pour le logement.

Pour des fenêtres existantes encore en bon état structurel (bois sain, châssis PVC non déformé, aluminium avec rupteur correct), des travaux ciblés peuvent suffire. Le remplacement des joints, le réglage des ferrures, la pose de mastics et mousses adaptés dans les feuillures, ainsi que la reprise des liaisons avec la maçonnerie, permettent déjà de supprimer la plupart des infiltrations d’air parasites. Si le vitrage est ancien (simple vitrage ou double vitrage peu performant), la mise en place d’un survitrage ou le remplacement par un double vitrage à faible émissivité renforcera à la fois l’isolation thermique et le confort près des baies.

Lorsque les menuiseries sont très vétustes ou intrinsèquement peu étanches (anciennes fenêtres métalliques, châssis bois fortement voilés, portes d’entrée déformées), le remplacement complet devient souvent la solution la plus rationnelle. Dans ce cas, privilégiez des menuiseries certifiées (par exemple avec un classement A*4 pour l’étanchéité à l’air) et un Uw adapté à votre climat et à vos objectifs énergétiques. La qualité de la pose sera déterminante : demandez à votre installateur quelles bandes d’étanchéité, mousses et mastics il prévoit, et comment il assure la continuité avec les isolants existants.

Pour les nouvelles installations, notamment dans une construction neuve ou une extension performante, il est judicieux d’intégrer dès la conception une « stratégie d’étanchéité » des ouvertures. Position des fenêtres dans l’épaisseur de l’isolant, choix de menuiseries à rupteur, tapées isolées, pré-cadres, membranes raccordées… autant de décisions qui faciliteront ensuite l’atteinte des objectifs de perméabilité à l’air lors du test Blower Door. En anticipant ces détails, vous évitez de devoir multiplier les reprises et les corrections en fin de chantier, toujours plus coûteuses et moins efficaces.

Enfin, n’oubliez pas le rôle complémentaire de la ventilation. À mesure que vous renforcez l’étanchéité à l’air de vos ouvrants, le renouvellement d’air naturel diminue. Il devient alors indispensable de disposer d’une VMC fiable et correctement réglée (simple flux hygroréglable ou double flux), afin de garantir une bonne qualité de l’air intérieur et de maîtriser les flux d’humidité. C’est l’équilibre entre isolation, étanchéité à l’air et ventilation qui permet d’obtenir un logement à la fois performant, sain et confortable.

Réglementation thermique RE2020 et exigences de perméabilité à l’air

La réglementation environnementale RE2020, qui succède à la RT2012, renforce encore les exigences en matière d’efficacité énergétique et, par conséquent, d’étanchéité à l’air des bâtiments neufs. Pour les maisons individuelles, la valeur de perméabilité maximale reste fixée à 0,6 m³/(h.m²) à 4 Pa (Q4Pa-surf), mais l’ensemble du cadre réglementaire incite à viser des niveaux encore plus performants, notamment pour limiter les besoins de chauffage et de climatisation dans un contexte de hausse du coût de l’énergie.

Concrètement, cela signifie que les ouvertures (fenêtres, portes-fenêtres, portes d’entrée, baies vitrées) doivent être conçues et posées de façon à limiter au strict minimum les infiltrations d’air non maîtrisées. La RE2020 impose la réalisation d’un test de perméabilité à l’air en fin de chantier, réalisé par un opérateur certifié, dont le résultat conditionne la conformité du bâtiment. En cas de dépassement des seuils, des travaux correctifs peuvent être exigés, ce qui renchérit le coût global du projet.

Pour les maîtres d’ouvrage et les professionnels, cette réglementation implique de porter une attention accrue à la chaîne complète : choix des menuiseries (classe d’étanchéité à l’air, performance thermique), détails de pose (compriband, mousses, membranes, mastics), coordination entre corps d’état, et vérification en cours de chantier via des tests intermédiaires. Une fenêtre très performante sur le papier ne compensera jamais une pose défaillante laissant passer l’air au droit des tableaux ou des coffres.

En rénovation, même si la RE2020 ne s’applique pas stricto sensu, elle fixe un cadre de référence utile pour définir un niveau d’exigence. Viser une perméabilité globale proche de celle demandée dans le neuf, notamment lorsque l’on entreprend une rénovation globale avec changement des fenêtres, permet de préparer le logement aux futures évolutions réglementaires (DPE, interdiction progressive des passoires thermiques, etc.). Améliorer l’étanchéité à l’air de vos ouvertures devient alors un investissement à long terme, qui valorise votre patrimoine, réduit vos factures et améliore votre confort au quotidien.