# Étiquette énergie des menuiseries : comment bien la lire pour faire le bon choix ?
Le remplacement de vos fenêtres représente un investissement considérable dans la performance énergétique de votre habitation. Face à la multitude d’offres sur le marché, comprendre l’étiquette énergétique des menuiseries devient indispensable pour éviter les erreurs coûteuses. Depuis 2013, les fabricants français proposent un étiquetage standardisé qui simplifie la comparaison entre différents modèles. Cette initiative, portée par l’Union des fabricants de menuiseries extérieures (UFME) et la Chambre syndicale des fabricants de verre plat (CSFVP), vous permet d’évaluer en quelques secondes les performances thermiques, acoustiques et lumineuses d’une fenêtre. Maîtriser la lecture de ces indicateurs techniques vous garantit un choix éclairé, adapté à votre zone climatique et à vos besoins spécifiques en matière d’isolation.
Décryptage des indicateurs thermiques : coefficients uw, ug et uf des menuiseries
Les coefficients thermiques constituent le cœur de l’étiquette énergétique. Ces valeurs chiffrées, exprimées en W/(m²·K), mesurent la quantité de chaleur qui traverse vos menuiseries. Contrairement à ce que vous pourriez penser, plus ces coefficients sont faibles, meilleure est l’isolation. Cette logique inversée surprend souvent les acheteurs novices, mais elle reflète une réalité physique simple : moins votre fenêtre laisse passer de watts par mètre carré et par degré de différence de température, plus elle conserve la chaleur à l’intérieur pendant l’hiver.
Le coefficient uw : mesure de la performance globale de la fenêtre
Le coefficient Uw (« w » pour « window ») représente la performance thermique globale de votre fenêtre assemblée. Cette valeur intègre à la fois le vitrage, le cadre et leur interaction. Pour bénéficier des aides financières comme MaPrimeRénov’, vous devez viser un coefficient Uw inférieur ou égal à 1,3 W/(m²·K) en France métropolitaine. Les fenêtres les plus performantes du marché affichent des valeurs entre 0,8 et 1,0 W/(m²·K), ce qui correspond généralement à une classe énergétique A ou B sur l’étiquette. Ces modèles haut de gamme peuvent réduire jusqu’à 70% les déperditions thermiques par rapport à un simple vitrage ancien.
Lorsque vous comparez deux fenêtres, une différence de 0,2 W/(m²·K) peut sembler négligeable. Pourtant, sur une maison équipée de dix fenêtres de taille moyenne (1,20 m × 1,40 m), cette variation représente environ 150 kWh d’économies annuelles, soit près de 30 euros sur votre facture de chauffage. Sur vingt ans, la durée de vie moyenne d’une menuiserie, cet écart atteint 600 euros, sans compter l’augmentation prévisible du coût de l’énergie.
Le coefficient ug : isolation thermique du vitrage simple, double ou triple
Le coefficient Ug (« g » pour « glazing ») mesure exclusivement la performance du vitrage, indépendamment du cadre. Un simple vitrage de 4 mm affiche un coefficient catastrophique de 5,8 W/(m²·K). Le double vitrage standard 4/16/4 (deux vitres de 4 mm séparées par 16 mm d’air ou de gaz argon) descend à environ 1,4
W/(m²·K). Les vitrages les plus performants aujourd’hui, en double ou triple vitrage à isolation renforcée (VIR) avec gaz argon ou krypton et couche basse émissivité, descendent respectivement autour de 1,0 puis 0,5 à 0,7 W/(m²·K). Plus le coefficient Ug est bas, plus le vitrage limite les déperditions de chaleur, notamment la nuit et en période de grand froid. C’est donc un indicateur clé si vos fenêtres sont très exposées au nord ou aux vents dominants.
Faut-il pour autant choisir systématiquement le triple vitrage ? Pas forcément. Dans une maison bien isolée située en climat tempéré, un double vitrage performant suffit souvent pour atteindre une excellente étiquette énergie des menuiseries. En revanche, en altitude ou dans les régions très froides, le triple vitrage peut améliorer sensiblement le confort et réduire les besoins de chauffage. Gardez en tête que le Ug ne fait pas tout : il doit être mis en balance avec le poids du vitrage, son coût et son impact sur la transmission lumineuse.
Le coefficient uf : transmission thermique du cadre en pvc, aluminium ou bois
Le coefficient Uf (« f » pour « frame ») mesure la performance thermique du cadre de la fenêtre, c’est‑à‑dire du profilé en PVC, aluminium ou bois. Là encore, plus le Uf est faible, plus le cadre est isolant. Sur l’étiquette énergétique, ce coefficient est parfois moins mis en avant que le Uw ou le Ug, alors qu’il peut faire une vraie différence sur une baie vitrée avec beaucoup de surface de profilés. Un cadre très performant permet de tirer pleinement parti d’un vitrage de qualité et d’optimiser la classe énergie finale de la menuiserie.
Les cadres bois et PVC affichent couramment des Uf compris entre 1,0 et 1,4 W/(m²·K), tandis que les profilés aluminium modernes à rupture de pont thermique se situent plutôt entre 1,4 et 1,8 W/(m²·K). Les anciennes menuiseries aluminium sans rupture pouvaient dépasser 3 W/(m²·K), d’où la sensation de parois « froides » à proximité. Vous l’aurez compris : lorsque vous comparez deux fenêtres avec le même vitrage (même Ug), le modèle affichant le Uf le plus bas offrira le meilleur bilan Uw, donc la meilleure performance énergétique globale.
Sur le terrain, un bon réflexe consiste à demander le détail des coefficients annoncés sur l’étiquette énergie menuiserie : Uw, Ug et Uf. Vous verrez ainsi si le fabricant mise surtout sur le vitrage ou s’il propose aussi un cadre hautement isolant. Dans un projet de rénovation énergétique global, cette transparence technique est précieuse pour optimiser votre budget et viser, par exemple, le passage d’un DPE classe F à une classe C ou B.
Le facteur sw : apport solaire et gain énergétique passif
Le facteur Sw (ou parfois noté g sur certaines documentations) indique la part de l’énergie solaire qui traverse la fenêtre, en tenant compte à la fois du vitrage et du cadre. Il est compris entre 0 et 1 : plus il est élevé, plus la fenêtre laisse entrer la chaleur du soleil. Contrairement aux coefficients Uw, Ug et Uf, il ne s’agit donc pas d’un indicateur de pertes, mais d’apports solaires gratuits. Bien maîtrisé, le Sw permet de réduire la facture de chauffage en hiver grâce au « chauffage naturel » du soleil.
Doit-on toujours rechercher un facteur Sw élevé ? Pas nécessairement. Dans les régions froides (zones climatiques H1 et H2), un Sw autour de 0,50 à 0,60 est généralement intéressant sur les façades sud, car il permet de profiter des apports solaires passifs. À l’inverse, dans le sud de la France ou pour des pièces déjà sujettes à la surchauffe (combles aménagés, baies plein ouest), un Sw plus faible, associé à des protections solaires extérieures (volets, brise‑soleil, stores), limite les besoins de climatisation et améliore le confort d’été.
On peut comparer le Sw à un robinet de chaleur solaire : ouvert en hiver, fermé en été. L’étiquette énergie des menuiseries met souvent en parallèle le bilan énergétique annuel et le confort d’été, en utilisant ce facteur Sw dans ses calculs. Pour lire l’étiquette intelligemment, posez-vous donc deux questions simples : de quelle exposition bénéficie ma façade ? Et quel est mon principal enjeu de confort (se réchauffer l’hiver ou se protéger de la chaleur l’été) ? Vos réponses orienteront le choix du bon niveau de Sw pour vos nouvelles fenêtres.
Classement aev : étanchéité à l’air, résistance à l’eau et au vent des menuiseries
Au‑delà de la performance thermique pure, l’étiquette énergétique des menuiseries fait souvent référence au classement AEV. Cet acronyme désigne trois critères déterminants pour la durabilité et le confort : l’étanchéité à l’Air, la résistance à l’Eau et au Vent. Une fenêtre très isolante sur le papier, mais mal étanche à l’air ou incapable de résister aux fortes pluies et rafales, perdra une partie de son intérêt énergétique et pourra même générer des désordres (infiltrations, moisissures, courants d’air).
Le classement AEV est encadré par des normes européennes (NF EN 12207, 12208, 12210). Il se présente sous la forme de trois codes, par exemple A4 E7B V2, que l’on retrouve sur la fiche technique et parfois sur l’étiquette énergétique. Plus les indices sont élevés, plus la fenêtre est performante face aux contraintes climatiques. C’est un peu la « ceinture de sécurité » de votre menuiserie : invisible au quotidien, mais essentielle en cas de conditions météo extrêmes.
Perméabilité à l’air : classes a1 à a4 selon la norme nf en 12207
La perméabilité à l’air (lettre A) mesure la capacité d’une fenêtre à limiter les fuites d’air parasites lorsque la menuiserie est fermée. La norme NF EN 12207 définit quatre classes, de A1 (la moins étanche) à A4 (la plus performante). Une menuiserie A4 laisse passer très peu d’air sous l’effet du vent, ce qui réduit les déperditions de chaleur en hiver et les sensations de courant d’air désagréables près des vitrages.
Pourquoi ce critère est‑il si important pour la performance énergétique globale ? Tout simplement parce que l’air qui s’infiltre doit être réchauffé en permanence par votre système de chauffage. Une mauvaise étanchéité à l’air peut annuler une partie des gains obtenus grâce à un très bon coefficient Uw. C’est un peu comme rouler avec un thermos ultra‑isolant mais dont le bouchon serait mal vissé : la chaleur finit par s’échapper malgré tout.
Dans une rénovation visant une étiquette énergie de logement performante (DPE A à C), il est conseillé de viser des fenêtres classées au minimum A3, voire A4 dans les zones ventées ou pour les façades exposées. Vérifiez sur la documentation technique ou demandez explicitement cette information à votre installateur : elle n’apparaît pas toujours clairement sur la seule étiquette énergie grand public.
Étanchéité à l’eau : classification e1 à e9a suivant nf en 12208
L’étanchéité à l’eau (lettre E) indique la capacité d’une fenêtre à résister à la pluie battante, combinée ou non à la pression du vent. La norme NF EN 12208 prévoit plusieurs classes, de E1 (performance minimale) à E9, complétées d’une lettre (A ou B) selon le mode d’essai. Plus le chiffre est élevé, plus la menuiserie résiste longtemps à une pluie simulée sous pression croissante sans laisser apparaître d’infiltration.
Concrètement, une fenêtre E7B ou E9A offrira une excellente protection contre les entrées d’eau, même en cas d’orage violent ou de vent fort. À l’inverse, une menuiserie peu performante sur ce critère pourra laisser apparaître des traces d’humidité sur l’embrasure ou le tableau, avec à la clé risques de moisissures, de dégradations du plâtre et de perte de performance thermique. Ce critère est particulièrement important en façade très exposée, en bord de mer ou en altitude.
Lorsque vous lisez l’étiquette énergétique des menuiseries, repérez la mention E suivie d’un chiffre : elle résume des essais normalisés en laboratoire. En pratique, pour une maison individuelle située en zone ventée (façade ouest, littoral), viser une classe E7 au minimum est un bon repère. En immeuble collectif, les exigences peuvent être renforcées par la réglementation ou le maître d’ouvrage.
Résistance au vent : classes v1 à vc5 conformes à la norme nf en 12210
La résistance au vent (lettre V ou C selon les notations) caractérise la tenue mécanique de la fenêtre sous l’effet des rafales : déformation du cadre, comportement des ferrures, risque de détérioration des ouvrants. La norme NF EN 12210 définit plusieurs classes, de V1 à V5 (ou C1 à C5), correspondant à des pressions de vent croissantes. Plus la classe est élevée, plus la menuiserie est apte à résister aux fortes bourrasques sans se déformer ni perdre en étanchéité.
Ce paramètre est crucial pour les grandes baies vitrées, les fenêtres de toit ou les bâtiments situés en zone très exposée (bord de mer, reliefs, immeubles de grande hauteur). Une menuiserie sous‑dimensionnée peut se voiler légèrement avec le temps, générant des difficultés de fermeture, des grincements, voire une baisse de la performance AEV et de l’isolation thermique. Là encore, une bonne étiquette énergie des menuiseries doit aller de pair avec un classement AEV adapté aux contraintes locales.
En pratique, demandez à votre menuisier le classement complet de vos futures fenêtres, par exemple A4 E7B V3. Ce triptyque vous donne une vision globale du comportement de la menuiserie en situation réelle, bien au‑delà des seuls chiffres de Uw et de facteur Sw. C’est un critère de choix particulièrement important lorsque vous investissez dans une rénovation énergétique globale de votre logement.
Certification acotherm et label cekal : garanties de performance énergétique
Pour vous aider à vous repérer dans la jungle des offres, plusieurs certifications indépendantes complètent l’étiquette énergie des menuiseries. Parmi les plus connues, la marque Acotherm et le label Cekal jouent un rôle central. Ils apportent une garantie de performance mesurée en laboratoire, renouvelée régulièrement, et non simplement déclarée par le fabricant. En d’autres termes, ils sécurisent votre investissement sur le long terme.
La certification Acotherm s’applique aux fenêtres et portes‑fenêtres (tous matériaux). Elle comporte deux volets principaux : la performance thermique (AT) et la performance acoustique (AC), chacun décliné en classes. Plus la classe AT est élevée, plus la menuiserie est isolante thermiquement. Côté acoustique, une fenêtre AC2 ou AC3 garantit déjà une très bonne atténuation des bruits extérieurs, appréciable en zone urbaine ou à proximité d’un axe routier. Sur une étiquette énergétique, la mention Acotherm est donc un indicateur de sérieux et de constance dans la qualité.
Le label Cekal, lui, concerne spécifiquement les vitrages isolants, feuilletés et trempés. Il certifie notamment la performance thermique (Ug), la durabilité du vitrage (tenue du gaz dans le temps, résistance du joint) et, le cas échéant, la performance acoustique. Un double vitrage Cekal avec Ug = 1,1 W/(m²·K) offre ainsi une garantie de résultat sur 10 ans au minimum. Pour vous, cela signifie que la classe énergétique de vos menuiseries ne se dégradera pas brutalement quelques années après la pose en raison d’un défaut de vitrage.
Lorsque vous préparez votre projet, prenez le réflexe de vérifier ces mentions sur les fiches produits ou les devis. Une fenêtre certifiée Acotherm équipée d’un vitrage Cekal vous garantit un couple menuiserie/vitrage cohérent, contrôlé et pérenne. Dans le cadre d’une demande d’aides publiques (MaPrimeRénov’, certificats d’économies d’énergie), ces labels constituent par ailleurs un atout pour démontrer la conformité aux exigences réglementaires.
Critères d’éligibilité maprimerénov’ et cee selon l’étiquette énergétique
Les dispositifs d’aides à la rénovation énergétique, comme MaPrimeRénov’ et les primes CEE (Certificats d’Économies d’Énergie), s’appuient directement sur les performances indiquées sur l’étiquette énergie des menuiseries. Autrement dit, le choix de vos fenêtres ne se limite pas au confort et aux économies d’énergie : il conditionne aussi le niveau de subventions que vous pouvez obtenir. Connaître les seuils à atteindre est donc indispensable pour optimiser votre budget travaux.
En France métropolitaine, l’Agence nationale de l’habitat (Anah) et les obligés CEE ont défini des valeurs minimales de coefficients Uw et, parfois, de facteur Sw, différenciées selon les zones climatiques H1, H2 et H3. Ces seuils évoluent périodiquement pour accompagner la montée en gamme du parc de menuiseries. Avant de signer votre devis, il est prudent de vérifier que les performances annoncées sur l’étiquette et la fiche technique sont bien conformes aux exigences en vigueur à la date de votre demande d’aide.
Seuils de performance thermique pour fenêtres en zone h1, h2 et h3
Les zones H1, H2 et H3 correspondent à un découpage climatique de la France métropolitaine, proche de celui utilisé pour l’étiquette énergie menuiserie (Z1, Z2, Z3). En zone H1, la plus froide (nord et est de la France, zones de montagne), la réglementation et les dispositifs d’aide exigent généralement des menuiseries plus performantes qu’en zone H3 (sud méditerranéen). Pour les fenêtres verticales, un Uw ≤ 1,3 W/(m²·K) est aujourd’hui un standard pour prétendre aux aides dans la plupart des régions.
Dans certaines configurations (rénovation lourde, programme de travaux global), les cahiers des charges peuvent être plus sévères : Uw ≤ 1,2 W/(m²·K), voire 1,0 W/(m²·K) en zone très froide. À l’inverse, en zone H3, un Uw légèrement supérieur peut encore être accepté, notamment lorsque le facteur Sw est élevé et que les apports solaires compensent en partie les déperditions. L’étiquette énergétique des menuiseries, en synthétisant ces différents paramètres, constitue alors un outil de décision rapide : une classe A ou B sur votre zone climatique est un bon indicateur d’éligibilité.
Pour éviter les mauvaises surprises, demandez toujours à votre artisan un devis mentionnant noir sur blanc les valeurs Uw et Sw, ainsi que la zone climatique de référence. Ces données, issues de l’étiquette énergie, sont exigées dans les formulaires MaPrimeRénov’ et CEE. Une fenêtre annoncée comme « isolante » mais sans indication chiffrée risque de ne pas suffire à déclencher les aides.
Exigences de coefficient uw pour les portes-fenêtres et baies vitrées
Les portes‑fenêtres et baies vitrées représentent souvent des surfaces vitrées importantes, donc un enjeu majeur pour l’étiquette énergie globale du logement. Les critères d’éligibilité MaPrimeRénov’ et CEE y sont très proches de ceux appliqués aux fenêtres, avec néanmoins quelques particularités. On exige généralement un Uw ≤ 1,7 W/(m²·K) pour les portes donnant sur l’extérieur et ≤ 1,3 à 1,4 W/(m²·K) pour les baies vitrées, en fonction de la zone climatique et du type de travaux.
Attention cependant : le Uw affiché sur l’étiquette pour une dimension standard (par exemple 1,23 × 1,48 m) peut varier lorsque la baie vitrée est beaucoup plus grande ou lorsqu’elle comporte plusieurs vantaux. Plus la surface de cadre augmente, plus le Uw réel peut se dégrader si le profilé est moins performant que le vitrage. C’est pourquoi il est important de s’assurer que les valeurs déclarées correspondent bien à la configuration commandée.
Dans une logique de rénovation performante, il est souvent pertinent de viser des baies vitrées avec Uw ≤ 1,3 W/(m²·K) et un facteur Sw adapté à l’exposition (élevé au sud, plus faible à l’ouest ou au sud‑ouest). Une telle menuiserie contribuera à la fois à l’amélioration de votre DPE et à l’obtention des aides publiques, tout en augmentant le confort lumineux de vos pièces de vie.
Justificatifs techniques requis : marquage ce et attestation acermi
Pour bénéficier de MaPrimeRénov’ et des primes CEE, il ne suffit pas d’annoncer de bons chiffres sur une brochure commerciale. Les pouvoirs publics exigent des justificatifs techniques normalisés. Le premier d’entre eux est le marquage CE, obligatoire pour toutes les menuiseries mises sur le marché européen. Il atteste que le produit respecte les normes de sécurité, de durabilité et de performance définies par les textes européens.
Pour les performances thermiques, les valeurs Uw, Ug, Sw doivent être issues d’essais réalisés selon les normes en vigueur (NF EN 14351‑1 notamment) ou de calculs validés. Dans le domaine de l’isolation, l’attestation ACERMI est surtout connue pour les isolants (laine minérale, polystyrène, etc.), mais certains programmes de rénovation globale la mentionnent aussi comme référence de sérieux pour les matériaux utilisés autour des menuiseries (doublages, isolants de tableau). En croisant marquage CE, certifications (Acotherm, Cekal) et fiches techniques, vous construisez un dossier solide pour vos demandes d’aides.
Conservez soigneusement toutes ces pièces (étiquettes énergie, fiches produits, attestations de conformité) : elles peuvent être demandées en cas de contrôle a posteriori par l’Anah ou les organismes en charge des CEE. Un dossier complet et cohérent réduit les risques de contestation et garantit la transparence de votre projet de rénovation énergétique.
Comparaison des performances : pvc versus aluminium à rupture de pont thermique versus bois
Le matériau du cadre – PVC, aluminium à rupture de pont thermique ou bois – influence directement les coefficients Uf, Uw et, in fine, la classe affichée sur l’étiquette énergie des menuiseries. Chaque matériau présente ses forces et ses limites, tant du point de vue thermique qu’esthétique, économique ou environnemental. Comment s’y retrouver pour faire le bon choix ?
Les fenêtres PVC sont aujourd’hui les plus répandues en rénovation. Leur principal atout : une excellente performance thermique pour un coût modéré. Grâce à leurs chambres d’isolation internes, les profilés PVC atteignent facilement des Uf autour de 1,1 à 1,3 W/(m²·K). Résultat : de nombreuses menuiseries PVC obtiennent sans difficulté une classe A ou B sur l’étiquette énergie, surtout lorsqu’elles sont associées à un double vitrage à faible Ug. En contrepartie, le PVC offre parfois des sections de profilés plus larges et une esthétique jugée moins « noble » que le bois ou l’aluminium.
L’aluminium a longtemps souffert d’une mauvaise réputation thermique, mais l’arrivée généralisée de la rupture de pont thermique a complètement changé la donne. Les profilés modernes intègrent des barrettes isolantes entre la face intérieure et extérieure, ce qui divise quasiment par deux les pertes de chaleur. Les meilleures gammes aluminium atteignent aujourd’hui des Uf autour de 1,3 à 1,6 W/(m²·K), permettant d’obtenir des Uw compétitifs, surtout sur les grandes baies. L’aluminium se distingue par sa finesse de profilés, sa rigidité (idéale pour les grandes dimensions) et un large choix de coloris. Il est souvent privilégié pour les projets contemporains malgré un coût plus élevé.
Le bois, enfin, reste un excellent isolant naturel, avec des Uf très performants (souvent entre 1,0 et 1,4 W/(m²·K) selon les essences et les sections). Il offre un confort thermique et une esthétique chaleureuse incomparables, particulièrement appréciés en rénovation de maisons anciennes ou de bâtiments patrimoniaux. En revanche, il nécessite un entretien régulier (lasures, peintures) pour conserver ses performances et sa durabilité, même si les traitements modernes ont considérablement allongé les intervalles de maintenance.
Thermiquement, le match est donc plus serré qu’on ne l’imagine entre PVC, alu à rupture de pont thermique et bois. Sur une même configuration de fenêtre, les écarts de Uw entre ces matériaux sont parfois de l’ordre de 0,1 à 0,2 W/(m²·K) seulement. L’étiquette énergie des menuiseries vous permet de comparer objectivement ces différences au‑delà des idées reçues. À performances proches, le choix se fera alors sur d’autres critères : design, contraintes architecturales, impact environnemental, budget global de la rénovation.
Erreurs d’interprétation courantes de l’étiquette énergétique des menuiseries
Malgré sa présentation visuelle claire, l’étiquette énergie des menuiseries donne souvent lieu à des interprétations approximatives. Certaines idées reçues peuvent même vous conduire à faire des choix sous‑optimaux pour votre logement. Identifier ces pièges vous aidera à utiliser cette étiquette comme un véritable outil de décision, et non comme un simple argument marketing.
La première erreur courante consiste à ne regarder que la lettre de classe (A, B, C…) sans tenir compte de la zone climatique indiquée sur l’étiquette. Une fenêtre classée A en zone Z3 (climat doux) n’offrira pas forcément les mêmes bénéfices énergétiques qu’une menuiserie classée B en zone Z1 (climat froid). La comparaison n’a de sens qu’à climat équivalent. De même, une différence de 0,1 ou 0,2 W/(m²·K) sur le Uw peut paraître minime, alors qu’elle représente des dizaines de kWh économisés chaque année sur la durée de vie de la fenêtre.
Autre confusion fréquente : croire qu’un Sw élevé est toujours meilleur. Comme on l’a vu, un facteur solaire trop important sur une baie vitrée exposée plein ouest dans le sud de la France peut transformer votre salon en serre l’été, avec à la clé une surconsommation de climatisation. L’important n’est pas de maximiser chaque indicateur isolément, mais de trouver le bon équilibre Uw/Sw/AEV en fonction de votre région, de l’exposition de vos façades et de vos habitudes de vie.
Beaucoup d’acheteurs négligent également les aspects d’étanchéité et de pose. Une fenêtre labellisée A sur l’étiquette énergie mais mal posée (joints approximatifs, appuis non traités, absence de tapées d’isolation) peut se comporter comme une menuiserie de classe bien inférieure. Pensez à l’étiquette comme à la fiche technique d’un moteur de voiture : les performances annoncées supposent des conditions optimales. Pour les atteindre chez vous, la qualité de la mise en œuvre par un professionnel certifié RGE est tout aussi importante que la performance intrinsèque du produit.
Enfin, il ne faut pas confondre l’étiquette énergie des menuiseries avec le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) du logement. Une fenêtre très performante contribuera certes à améliorer le DPE, mais elle ne suffira pas à elle seule à transformer une passoire thermique en maison basse consommation si l’isolation des murs, du toit ou le système de chauffage restent obsolètes. L’étiquette énergie menuiserie est un maillon de la chaîne de rénovation énergétique, à articuler avec les autres travaux pour obtenir un résultat global cohérent et durable.