# Pourquoi choisir une structure en aluminium pour ses menuiseries extérieures ?
L’aluminium s’impose aujourd’hui comme l’un des matériaux de référence pour les menuiseries extérieures, dépassant largement sa réputation initiale de matériau froid et peu isolant. Les avancées technologiques dans l’extrusion et le traitement de surface ont révolutionné ses performances thermiques, tandis que sa robustesse naturelle et sa malléabilité en font un choix privilégié pour les architectes et les propriétaires exigeants. Avec plus de 35% de parts de marché dans le secteur de la menuiserie en France en 2024, l’aluminium continue de gagner du terrain face au PVC et au bois. Cette progression s’explique par des caractéristiques techniques exceptionnelles qui répondent aux normes énergétiques les plus strictes, tout en offrant une liberté architecturale incomparable. Que vous envisagiez une construction neuve ou une rénovation complète, comprendre les propriétés spécifiques de l’aluminium vous permettra de faire un choix éclairé pour vos futures menuiseries.
Propriétés mécaniques et thermiques de l’aluminium extrudé pour menuiseries
L’aluminium utilisé dans la fabrication des menuiseries provient d’un processus d’extrusion qui transforme des billettes d’alliage en profilés aux formes complexes. Cette technique industrielle permet d’obtenir des sections précises et constantes, garantissant une qualité homogène sur l’ensemble de la production. Les alliages spécifiquement développés pour les applications architecturales offrent un équilibre remarquable entre légèreté, résistance mécanique et durabilité. La masse volumique de l’aluminium, environ 2 700 kg/m³, représente le tiers de celle de l’acier, ce qui facilite considérablement la manipulation et l’installation de grandes structures vitrées.
Coefficient de dilatation thermique et rupture de pont thermique
Le coefficient de dilatation thermique de l’aluminium s’élève à environ 23 x 10⁻⁶ par Kelvin, ce qui signifie qu’un profilé de 1 mètre peut varier de 0,23 mm pour une différence de température de 10°C. Cette propriété physique nécessite une conception minutieuse des systèmes de menuiseries pour éviter les déformations et les tensions excessives. Les fabricants intègrent des jeux de dilatation calculés dans les assemblages, permettant aux profilés de se mouvoir librement sans compromettre l’étanchéité ni la performance globale. Cette caractéristique explique également pourquoi les menuiseries aluminium conservent leur fonctionnalité optimale sous toutes les latitudes, des régions arctiques aux zones tropicales.
La rupture de pont thermique constitue l’innovation majeure qui a transformé l’aluminium en matériau hautement performant sur le plan énergétique. Cette technique consiste à interrompre la continuité métallique du profilé en insérant des barrettes en polyamide renforcé de fibres de verre, créant ainsi une barrière isolante entre les faces intérieure et extérieure. Les polyamides utilisés présentent une conductivité thermique environ 1 000 fois inférieure à celle de l’aluminium, stoppant efficacement les transferts de chaleur. Cette rupture élimine également le phénomène de condensation qui affectait les anciennes menuiseries métalliques, améliorant considérablement le confort thermique et hygrométrique.
Résistance à la corrosion des alliages 6060 et 6063
Les alliages d’aluminium 6060 et 6063 dominent le marché des menuiseries grâce à leur excellente résistance à la corrosion et leur aptitude
à l’anodisation et au thermolaquage. Leurs teneurs contrôlées en magnésium et en silicium favorisent la formation d’une couche d’alumine protectrice dès que le métal est exposé à l’air. Cette couche, de quelques microns seulement, agit comme un véritable « bouclier » naturel contre l’humidité, les embruns salins et de nombreux agents chimiques présents dans l’atmosphère. Résultat : les châssis en aluminium 6060 ou 6063 conservent leur intégrité structurelle et leur aspect esthétique pendant plusieurs décennies, même dans des environnements agressifs comme les zones côtières.
Dans la pratique, cette résistance à la corrosion se traduit par une absence de rouille, de cloquage ou d’écaillage, contrairement à certains aciers mal protégés. Pour les menuiseries extérieures, c’est un atout majeur : les profilés restent stables, les ouvrants ne se grippent pas et les performances d’étanchéité sont préservées. Pour renforcer encore cette durabilité, les fabricants associent ces alliages à des systèmes de drainage et de ventilation intégrés dans les profilés, qui évacuent rapidement l’eau et limitent les stagnations responsables de dégradations prématurées sur d’autres matériaux.
Module d’élasticité et charge admissible des profilés
Le module d’élasticité de l’aluminium se situe autour de 70 GPa, soit environ un tiers de celui de l’acier, mais nettement supérieur à celui du PVC. Concrètement, cela signifie que, pour une même section, un profilé aluminium se déforme moins qu’un profilé PVC soumis à la même charge. Cette rigidité permet de concevoir des menuiseries de grandes dimensions, comme des baies vitrées coulissantes de 3 à 6 mètres de largeur, tout en maîtrisant la flèche (déformation) sous l’effet du vent ou du poids du vitrage.
Les bureaux d’études des gammistes (Schüco, Technal, Kawneer, etc.) réalisent des calculs de résistance détaillés en fonction de la hauteur de la menuiserie, de la zone de vent et du type de pose. Ils déterminent ainsi la charge admissible des profilés : poids du vitrage, efforts au vent, sollicitations d’ouverture et de fermeture répétées. Vous avez un projet de menuiserie XXL en façade sud ? C’est précisément ce module d’élasticité favorable qui permet d’utiliser des montants très fins, sans risque de flambage ou de déformation à long terme. Cette rigidité participe aussi à la bonne tenue des joints d’étanchéité et donc à la performance thermique globale.
Performance d’isolation avec rupture de pont thermique RPT
Sur le plan thermique, l’aluminium brut affiche une conductivité d’environ 160 W/m.K, très supérieure à celle du bois ou du PVC. Sans traitement spécifique, ce serait un « radiateur » entre l’intérieur et l’extérieur. C’est pourquoi les profilés modernes intègrent systématiquement une rupture de pont thermique (RPT) par barrettes isolantes. Cette RPT divise la conductivité effective du profilé par un facteur de 10 à 20, selon la largeur et la nature des barrettes utilisées.
Les menuiseries aluminium actuelles atteignent ainsi des valeurs de coefficient de transmission thermique Uw (fenêtre complète) inférieures à 1,4 W/m².K avec un double vitrage performant, et peuvent descendre sous 0,9 W/m².K avec un triple vitrage. À titre de comparaison, on se rapproche des performances de très bonnes menuiseries PVC ou bois. Cette isolation renforcée limite les déperditions de chaleur en hiver, réduit les sensations de paroi froide à proximité des fenêtres et améliore nettement le confort global. Pour un maître d’ouvrage, cela se traduit par des économies sur les consommations de chauffage et une meilleure conformité aux exigences de la réglementation thermique.
Durabilité et résistance aux agressions climatiques des châssis aluminium
Au-delà de leurs performances instantanées, les menuiseries aluminium se distinguent par leur capacité à résister dans le temps aux agressions climatiques. Pluie battante, UV intenses, gel, pollution urbaine ou atmosphère saline : les châssis en aluminium extrudé sont conçus pour affronter ces contraintes sans se déformer ni perdre leurs qualités. Là où certains matériaux gonflent, fendent ou jaunissent, l’aluminium conserve ses dimensions et son aspect, ce qui garantit un fonctionnement fluide des ouvrants pendant des dizaines d’années.
Tenue à l’oxydation en atmosphère marine et urbaine
En milieu marin, les embruns chargés en sel accélèrent la corrosion de nombreux métaux. L’aluminium, lui, développe naturellement une couche d’oxyde compacte et adhérente qui bloque la progression de l’oxydation. Associée à un thermolaquage ou une anodisation de qualité, cette barrière protectrice confère une tenue remarquable en environnement côtier, sous réserve de choisir une classe de finition adaptée (par exemple, Qualicoat Seaside pour les zones les plus exposées).
En atmosphère urbaine ou industrielle, les polluants (dioxyde de soufre, particules, suies) peuvent attaquer les revêtements de surface et accélérer le vieillissement des matériaux. Les menuiseries en aluminium tirent leur épingle du jeu grâce à leur stabilité chimique et à la qualité des peintures poudre polyester utilisées. Un entretien régulier, limité à un ou deux nettoyages par an à l’eau douce, suffit généralement à préserver l’aspect d’origine des profilés, même sur des façades très exposées aux fumées ou aux poussières de trafic.
Comportement face aux UV et aux variations hygrométriques
Contrairement à certains polymères, l’aluminium n’est pas sensible aux rayonnements ultraviolets. Il ne devient ni cassant ni poudreux sous l’effet du soleil, même après de longues années. Les teintes issues du thermolaquage de qualité supérieure conservent leur brillance et leur stabilité colorimétrique, ce qui évite les phénomènes de jaunissement ou de décoloration observés sur d’autres matériaux. Pour une façade plein sud ou une véranda largement vitrée, c’est un avantage déterminant.
Les variations hygrométriques (taux d’humidité) ont, elles aussi, un impact limité sur l’aluminium. Ce matériau ne gonfle pas, ne rétrécit pas et ne se tord pas en fonction du degré d’humidité ambiant, à l’inverse du bois. Vous ne risquez donc pas de voir un ouvrant frotter au sol après un hiver très humide, ni de devoir raboter un vantail. Cette stabilité dimensionnelle garantit une bonne tenue dans le temps de l’étanchéité à l’air et à l’eau, essentielle pour maintenir les performances énergétiques annoncées.
Traitement de surface anodisation et thermolaquage
Pour renforcer encore la durabilité des menuiseries aluminium, deux grands types de traitements de surface sont privilégiés : l’anodisation et le thermolaquage. L’anodisation consiste à épaissir par électrolyse la couche d’oxyde naturelle à la surface du métal. On obtient ainsi un revêtement particulièrement dur, résistant à l’abrasion et très stable dans le temps. Les teintes anodisées, souvent métalliques (argent, bronze, noir), sont appréciées sur les projets architecturaux contemporains haut de gamme.
Le thermolaquage, quant à lui, repose sur l’application d’une poudre polyester chargée électrostatiquement, puis réticulée au four autour de 180°C. Cette technique offre une palette quasi infinie de couleurs RAL, ainsi que des finitions variées : lisse, sablée, texturée, mate ou brillante. Elle constitue aujourd’hui le traitement le plus utilisé en menuiserie résidentielle. Bien choisi (label Qualicoat) et bien entretenu, un thermolaquage peut conserver ses propriétés esthétiques plus de 20 ans, y compris sur des façades très ensoleillées.
Longévité comparée aux matériaux concurrents PVC et bois
En conditions réelles d’usage, la durée de vie d’une menuiserie aluminium se situe couramment entre 30 et 40 ans, voire davantage pour les gammes les plus qualitatives. À titre de comparaison, une menuiserie PVC offre en moyenne 25 à 30 ans de service avant d’accuser des signes de fatigue (déformations, jaunissement, rigidité des joints). Le bois, lui, peut durer très longtemps, mais à condition d’un entretien régulier (lasures, peintures, reprises ponctuelles) qui augmente le coût global sur le cycle de vie.
En choisissant l’aluminium, vous misez donc sur une solution « longue durée » avec un besoin d’entretien minimal. Cette longévité se traduit aussi par une meilleure valorisation patrimoniale du bien : lors d’une revente, des châssis aluminium récents et performants constituent un argument de poids, aussi bien pour l’esthétique de la façade que pour le diagnostic de performance énergétique (DPE).
Performance énergétique et coefficient uw des menuiseries aluminium
La performance énergétique est devenue le critère central dans le choix des menuiseries extérieures. Longtemps considéré comme pénalisant sur ce point, l’aluminium a rattrapé puis parfois dépassé ses concurrents grâce aux progrès des systèmes à rupture de pont thermique, à l’amélioration des vitrages et à l’optimisation des profils. Le coefficient Uw, qui évalue la déperdition thermique de la fenêtre complète, est aujourd’hui largement maîtrisé sur les châssis aluminium, y compris pour des formats de grande dimension.
Rupture de pont thermique par barrettes polyamide
Le cœur de cette évolution tient aux barrettes de polyamide renforcé, insérées entre la face intérieure et la face extérieure des profilés. Ces éléments, d’une largeur typique de 20 à 40 mm, présentent une conductivité thermique proche de 0,3 W/m.K, contre environ 160 W/m.K pour l’aluminium. En d’autres termes, elles jouent le rôle d’un « isolant central » au sein du châssis, interrompant la circulation de chaleur entre l’intérieur chauffé et l’extérieur.
Les gammistes multiplient les chambres internes, les parois et les joints pour optimiser le parcours de la chaleur et de l’air à travers le profil. Certains systèmes hautes performances combinent barrettes de grande largeur, inserts isolants en mousse ou en aérogels, et joints à plusieurs lèvres. Pour vous, cela signifie que des menuiseries aluminium à Uw de 1,2 W/m².K ou moins sont désormais accessibles, alors qu’elles étaient impensables il y a encore une quinzaine d’années.
Conformité aux normes RE2020 et label passivhaus
La réglementation environnementale RE2020, applicable aux constructions neuves en France, impose une réduction drastique des besoins énergétiques, notamment pour le chauffage. Les menuiseries aluminium modernes s’inscrivent pleinement dans cet objectif : les systèmes à haute performance thermique atteignent des niveaux compatibles avec les exigences des bâtiments basse consommation et des maisons à énergie positive. En pratique, la plupart des gammes récentes proposent des coefficients Uw dans une fourchette de 1,1 à 1,4 W/m².K en double vitrage.
Pour les projets les plus ambitieux, visant le label Passivhaus, des menuiseries aluminium spécifiques sont développées avec des coefficients Uw pouvant descendre sous 0,8 W/m².K. Elles associent un triple vitrage à faible émissivité, des intercalaires à bord chaud, des profilés à isolation renforcée et une étanchéité à l’air très poussée. Si vous visez une maison passive tout en souhaitant de grandes baies vitrées, l’aluminium fait donc partie des options crédibles, à condition de sélectionner des gammes certifiées adaptées.
Triple vitrage et gains thermiques des profilés à ouvrant caché
L’association de l’aluminium avec un triple vitrage représente une solution particulièrement performante pour les façades les plus exposées au froid. Le passage d’un double à un triple vitrage permet de réduire significativement le coefficient Ug (vitrage seul), qui peut atteindre 0,5 à 0,7 W/m².K selon la composition. Couplé à un châssis bien isolé, ce triple vitrage abaisse d’autant le Uw global de la menuiserie, tout en améliorant le confort à proximité des parois vitrées.
Les systèmes à ouvrant caché, où le cadre de l’ouvrant est dissimulé derrière le dormant, offrent une double optimisation : plus de surface vitrée pour un même encombrement (donc plus de lumière naturelle) et un pont thermique linéaire réduit autour du vitrage. C’est un peu comme si l’on remplaçait un large cadre par une « ligne de dessin » plus fine, laissant la place au verre et à ses apports solaires gratuits. À la clé, des performances thermiques renforcées et une esthétique très épurée, très recherchée dans l’architecture contemporaine.
Valeurs uf des systèmes schüco AWS, technal soleal et kawneer
Pour évaluer la performance thermique d’un châssis aluminium, on s’intéresse souvent à la valeur Uf, qui caractérise la transmission thermique du cadre seul. Les grands gammistes ont fait de ce paramètre un axe majeur d’innovation. Les systèmes Schüco AWS, par exemple, affichent des valeurs Uf variant de 1,6 à 1,0 W/m².K selon la profondeur du profilé et la configuration de la rupture de pont thermique.
La gamme Soleal de Technal propose également des profilés pour fenêtres et portes-fenêtres avec des Uf pouvant descendre autour de 1,3 W/m².K, tandis que Kawneer, avec ses systèmes haute performance, atteint des niveaux comparables, voire inférieurs, pour des applications spécifiques. Pour vous repérer, retenez qu’un Uf bas combiné à un vitrage performant est le gage d’un Uw global favorable. Lors de la consultation des fiches techniques, n’hésitez pas à comparer ces valeurs entre plusieurs fournisseurs : sur le long terme, quelques dixièmes de W/m².K peuvent représenter des économies sensibles.
Versatilité architecturale des systèmes de profilés aluminium
Si l’aluminium a conquis les architectes et les maîtres d’œuvre, c’est aussi parce qu’il offre une liberté de conception exceptionnelle. Grâce à l’extrusion, les profils peuvent adopter des géométries complexes, intégrer des fonctions (drainage, fixation de parecloses, logement de quincaillerie) et se combiner en systèmes modulaires. Résultat : presque toutes les configurations sont possibles, des petites fenêtres oscillo-battantes jusqu’aux murs-rideaux de plusieurs étages, en passant par les baies coulissantes à galandage.
Baies vitrées coulissantes à galandage et levant-coulissant
Les baies vitrées coulissantes représentent sans doute l’application emblématique de l’aluminium. Sa rigidité permet de supporter le poids de grandes surfaces vitrées tout en conservant des montants très fins. Deux grands principes d’ouverture dominent : le coulissant classique (ou à galandage) et le levant-coulissant. Dans un système à galandage, le ou les vantaux disparaissent dans l’épaisseur du mur, offrant une ouverture quasi totale sur l’extérieur et une continuité visuelle remarquable entre intérieur et terrasse.
Les systèmes levant-coulissant, eux, soulèvent légèrement le vantail lors de l’ouverture grâce à une quincaillerie spécifique. Cette cinématique améliore l’étanchéité à l’air et à l’eau en position fermée, tout en facilitant la manœuvre de panneaux lourds (triple vitrage, grandes dimensions). Vous rêvez d’une façade entièrement vitrée, avec un minimum de profils visibles ? Les solutions de coulissants panoramiques en aluminium, parfois montés sur rails encastrés, répondent précisément à ces ambitions architecturales.
Fenêtres oscillo-battantes et systèmes de frappe
Les fenêtres à frappe, qu’elles s’ouvrent à la française, en oscillo-battant ou en soufflet, bénéficient elles aussi de la souplesse des systèmes aluminium. Les profils sont conçus pour intégrer des ferrures de haute qualité, capables de supporter des ouvrants lourds tout en garantissant une fermeture étanche. Les configurations oscillo-battantes, très répandues, permettent à la fois une ouverture à la française pour le nettoyage ou le grand passage, et une ouverture en soufflet pour la ventilation sécurisée.
Les menuiseries aluminium offrent également une grande variété de formes : cintres, trapèzes, œils-de-bœuf, ensembles composés avec impostes et allèges vitrées ou pleines. Là où d’autres matériaux imposent des limitations de taille ou de géométrie, l’aluminium permet de concilier exigence esthétique et performance technique. Pour un projet de rénovation de maison de caractère, par exemple, il est possible de recréer des formes anciennes tout en bénéficiant des performances d’une menuiserie moderne à rupture de pont thermique.
Murs-rideaux VEC et façades structurelles VEA
Au-delà de l’habitat individuel, l’aluminium est omniprésent dans les projets tertiaires et les bâtiments publics via les systèmes de murs-rideaux. Deux grandes familles coexistent : les façades VEC (Vitrage Extérieur Collé) et les façades VEA (Vitrage Extérieur Agrafé). Dans un système VEC, les vitrages sont collés sur les profilés porteurs, de sorte que la structure aluminium est quasiment invisible de l’extérieur. On obtient une façade quasi lisse, où seules les lignes de joints structurent le dessin.
Les systèmes VEA, eux, utilisent des pattes ou des agrafes pour maintenir les vitrages, ce qui autorise de grandes libertés de calepinage et l’utilisation de vitrages spécifiques (isolants, sérigraphiés, etc.). Dans les deux cas, l’aluminium joue le double rôle de squelette porteur et de support pour les vitrages et les éléments de remplissage. C’est un peu l’équivalent, pour la façade, de l’ossature d’un immeuble : discret mais indispensable. Cette technicité se retrouve à plus petite échelle dans certains ensembles de menuiseries résidentielles, où des profils de façade légère permettent de composer des vitrages fixes de grande hauteur avec des ouvrants intégrés.
Rapport qualité-prix et retour sur investissement des menuiseries alu
Sur le plan budgétaire, l’aluminium se positionne en général au-dessus du PVC, mais souvent en dessous des meilleures menuiseries bois ou mixtes bois-alu. Ce surcoût initial s’explique par la qualité des matériaux, la complexité des profils à rupture de pont thermique et la robustesse de la quincaillerie. La question clé est donc la suivante : cet investissement supplémentaire est-il rentable à long terme ? Dans de nombreux cas, la réponse est oui.
D’une part, la durée de vie des châssis aluminium et le faible entretien requis réduisent les coûts sur le cycle de vie du bâtiment. Pas de peinture à refaire tous les 5 à 10 ans, pas de remplacement anticipé pour cause de déformation ou de jaunissement : vous amortissez vos menuiseries sur 30 à 40 ans, parfois plus. D’autre part, les économies d’énergie permises par de bons coefficients Uw, surtout lorsque l’on remplace d’anciennes menuiseries simple vitrage, se traduisent par une diminution sensible des factures de chauffage et de climatisation.
À cela s’ajoutent des bénéfices indirects : valorisation du bien immobilier, confort thermique et acoustique accru, apport de lumière naturelle grâce aux profilés fins. Dans certains projets, ces apports peuvent même permettre de réduire la puissance des systèmes de chauffage ou de climatisation installés, ce qui compense partiellement le coût des menuiseries. Enfin, selon la nature du projet (rénovation énergétique, logement principal), des aides publiques ou des dispositifs fiscaux peuvent contribuer à alléger la facture initiale, renforçant encore le retour sur investissement des menuiseries aluminium.
Certifications et normes techniques applicables aux châssis aluminium
Pour garantir la qualité et la performance de vos menuiseries aluminium, il est essentiel de s’appuyer sur des certifications et des normes reconnues. Celles-ci encadrent aussi bien la tenue des finitions dans le temps que les performances d’étanchéité et d’isolation. Lors de la sélection d’un produit ou d’un fabricant, vérifier la présence de ces labels est un réflexe simple qui vous évite bien des surprises à moyen terme.
Certification qualicoat classe 2 et 3 pour finitions
La certification Qualicoat concerne le thermolaquage des profilés aluminium. Elle garantit que le cycle complet – préparation de surface, application de la poudre, cuisson – respecte un cahier des charges strict. Les classes 2 et 3 de Qualicoat vont plus loin en termes de tenue aux UV et aux intempéries. Elles sont particulièrement recommandées pour les environnements sévères ou pour les teintes foncées très exposées au soleil.
Choisir des menuiseries certifiées Qualicoat, c’est s’assurer que la couleur et l’aspect de vos profils resteront stables dans le temps. Vous évitez ainsi les risques de farinage, de décoloration ou de cloquage prématuré. Pour les projets en bord de mer ou en altitude, il est pertinent de demander explicitement une finition répondant aux spécifications « bord de mer » (Seaside) et à une classe de performance élevée : un détail qui peut faire une grande différence après 10 ou 15 ans d’exposition.
Classements AEV et résistance au vent selon NF EN 12211
Les classements AEV (Air, Eau, Vent) décrivent la capacité d’une menuiserie à résister aux infiltrations d’air, aux pénétrations d’eau et aux pressions dues au vent. Ils sont déterminés selon des essais normalisés, notamment la norme NF EN 12211 pour la résistance au vent. Plus les classes sont élevées (par exemple A*4, E*7B, V*A3), plus la menuiserie offre une étanchéité et une résistance importantes.
Pour un bâtiment situé en zone littorale ou en hauteur, ces classements sont déterminants : ils garantissent que les châssis supporteront les rafales sans se déformer, sans fuite d’eau, et sans courant d’air gênant au quotidien. Lors de l’étude de votre projet, n’hésitez pas à demander les rapports d’essais AEV des menuiseries proposées. C’est une façon concrète de comparer, à performances égales, deux gammes aluminium qui pourraient paraître similaires au premier abord.
Label acotherm et marquage CE selon norme NF EN 14351-1
Le label Acotherm s’intéresse spécifiquement aux performances acoustiques et thermiques des fenêtres et portes-fenêtres. Il classe les menuiseries en indices d’affaiblissement acoustique (AC1 à AC4) et en niveaux d’isolation thermique (Th1 à Th11). Pour un logement situé en zone bruyante (axe routier, voie ferrée), opter pour une menuiserie aluminium bénéficiant d’un classement Acotherm élevé est un moyen sûr de gagner en confort sonore sans multiplier les essais empiriques.
Enfin, le marquage CE, imposé par la norme NF EN 14351-1 pour les fenêtres et portes extérieures, atteste que le produit respecte un ensemble de caractéristiques essentielles : résistance mécanique, sécurité d’utilisation, étanchéité, transmission thermique, etc. C’est un prérequis indispensable, mais pas suffisant : c’est en combinant ce marquage avec les labels de performance (Acotherm, AEV, Qualicoat, éventuellement NF Fenêtres) que vous vous assurez de choisir des menuiseries aluminium à la fois conformes, performantes et durables.