# Pourquoi la pose influence autant la performance énergétique d’une porte-fenêtre ?

La performance énergétique d’une porte-fenêtre ne dépend pas uniquement de la qualité intrinsèque du produit choisi. En réalité, la manière dont elle est installée joue un rôle déterminant dans son efficacité réelle. Une menuiserie haut de gamme, dotée d’un excellent coefficient Uw en laboratoire, peut voir ses performances chuter drastiquement si la pose n’est pas réalisée selon les règles de l’art. Les ponts thermiques, les infiltrations d’air et les défauts d’étanchéité transforment rapidement un investissement coûteux en source de déperditions énergétiques importantes. Selon l’ADEME, les menuiseries mal posées peuvent représenter jusqu’à 15% des pertes thermiques totales d’un logement, un chiffre qui souligne l’importance cruciale de la mise en œuvre. Dans un contexte où la rénovation énergétique devient une priorité nationale et où les exigences réglementaires se renforcent, comprendre les mécanismes qui lient qualité de pose et performance thermique s’avère indispensable pour tous les acteurs du bâtiment.

Les ponts thermiques structurels créés par une pose inadaptée

Les ponts thermiques constituent l’une des principales sources de déperditions énergétiques au niveau des menuiseries. Ces zones de faiblesse thermique se forment aux jonctions entre différents matériaux, créant des passages préférentiels pour la chaleur. Une pose inadaptée multiplie ces points faibles, compromettant l’isolation globale de l’enveloppe du bâtiment. Les conséquences ne se limitent pas aux pertes énergétiques : condensation, moisissures et inconfort thermique accompagnent souvent ces défaillances. La maîtrise des ponts thermiques lors de l’installation représente donc un enjeu majeur pour garantir la performance énergétique attendue.

Le coefficient de transmission thermique linéique Ψ (psi) au niveau du dormant

Le coefficient Psi (Ψ) mesure précisément les déperditions thermiques linéiques, c’est-à-dire celles qui se produisent le long des jonctions entre la menuiserie et la paroi. Exprimé en W/(m.K), ce coefficient quantifie le flux thermique supplémentaire créé par le pont thermique. Un coefficient Psi élevé indique une jonction mal traitée thermiquement. Pour une porte-fenêtre standard, ce coefficient peut varier de 0,01 à 0,15 W/(m.K) selon la qualité de la pose. Cette différence, multipliée par le périmètre total de la menuiserie, peut représenter plusieurs dizaines de watts de déperditions supplémentaires. Les nouvelles réglementations thermiques imposent des valeurs maximales pour ce coefficient, poussant les professionnels à améliorer leurs techniques d’installation. La prise en compte du Psi dès la conception du chantier permet d’anticiper les solutions techniques adaptées.

Les ruptures de continuité de l’isolant entre le bâti et la menuiserie

La continuité de l’isolation thermique entre le mur et la menuiserie constitue un principe fondamental souvent négligé. Lorsque l’isolant s’interrompt au niveau du dormant, un pont thermique majeur se crée inévitablement. Cette rupture est particulièrement critique dans les bâtiments équipés d’une isolation par l’extérieur (ITE), où l’isolant doit envelopper complètement l’ossature du bâtiment, y compris les pourtours des menuiseries. Les études thermographiques révèlent que ces discontinuités peuvent générer des pertes locales

locales de température de surface très basses, favorisant l’apparition de condensation et de moisissures dans les angles des tableaux. Pour éviter cela, l’isolant doit venir recouvrir partiellement le dormant ou, à défaut, être complété par des matériaux d’interface à faible conductivité thermique. Dans le cas d’une isolation intérieure, le retour d’isolant dans les tableaux et l’utilisation de tapées d’isolation adaptées sont indispensables pour assurer cette continuité. Vous l’aurez compris : un excellent vitrage ne compensera jamais une rupture d’isolant autour de la porte-fenêtre.

L’influence des pattes de fixation métalliques sur les déperditions thermiques

Les pattes de fixation métalliques sont souvent indispensables pour ancrer solidement une porte-fenêtre dans la maçonnerie, mais leur conductivité thermique élevée peut créer des ponts thermiques ponctuels. Chaque patte agit un peu comme une « petite aile en aluminium » qui traverse la couche isolante et met en relation l’extérieur froid et l’intérieur chauffé. Utilisées en trop grand nombre, ou mal positionnées dans l’épaisseur du mur, elles dégradent sensiblement le bilan énergétique de l’ouvrage. C’est pourquoi les référentiels comme RAGE préconisent de limiter leur nombre, de les positionner côté chaud autant que possible, et de privilégier des systèmes de fixation à rupture de pont thermique lorsque la configuration le permet.

Pour visualiser cet effet, imaginez une bouillotte entourée d’une couverture : si vous plantez plusieurs aiguilles métalliques à travers la couverture, la chaleur s’échappera précisément par ces points. Il en va de même pour une porte-fenêtre et ses pattes de fixation. Dans les projets de rénovation performante ou de maison à basse consommation, le choix de consoles ou de supports isolants (en matériaux composites ou en acier inox à section optimisée) devient alors un enjeu réel. Un dimensionnement précis, associé à une étude thermique détaillée, permet de trouver le bon compromis entre stabilité mécanique et limitation des ponts thermiques.

La conductivité thermique des mousses polyuréthane et leur application correcte

La mousse polyuréthane expansive est largement utilisée en complément des cales et pattes de fixation pour combler le jeu entre dormant et maçonnerie. Avec une conductivité thermique lambda comprise, selon les produits, entre 0,030 et 0,040 W/(m.K), elle constitue un bon isolant… à condition d’être appliquée correctement. Une mousse trop comprimée, discontinue, ou exposée à l’air libre perd rapidement une partie de ses propriétés isolantes. Elle ne remplace jamais un vrai matériau d’isolation continue, mais vient en complément du traitement des tableaux et du retour d’isolant autour de la porte-fenêtre.

Pour garantir une performance énergétique cohérente, le professionnel doit respecter les préconisations du fabricant : humidification légère des supports, remplissage en plusieurs passes, coupe des excédents et protection de la mousse par un habillage (enduit, couvre-joint, membrane). Une application négligée laisse subsister des cavités d’air non contrôlées qui se comportent comme de véritables cheminées thermiques. En résumé, la mousse polyuréthane est un excellent allié pour le calfeutrement thermique et acoustique, mais elle ne peut jouer pleinement son rôle que dans le cadre d’une mise en œuvre maîtrisée et documentée.

L’étanchéité à l’air et le test de perméabilité à 4 pa

Au-delà des seuls ponts thermiques, l’étanchéité à l’air d’une porte-fenêtre influence directement la performance énergétique globale. Une infiltration d’air parasite, même faible et difficilement perceptible, augmente les besoins de chauffage et peut générer des sensations d’inconfort (courants d’air, parois froides). Les réglementations thermiques récentes, à commencer par la RT 2012 puis la RE 2020, ont renforcé les exigences en matière de perméabilité à l’air des bâtiments, contrôlée par des tests d’infiltrométrie. La pose de la porte-fenêtre devient alors un maillon crucial pour atteindre les objectifs fixés : le moindre défaut de joint ou de raccord peut faire basculer tout le résultat du test.

La classification AEV et les exigences de la RT 2012 pour les menuiseries

La classification AEV (Air, Eau, Vent) permet de caractériser les performances des menuiseries extérieures face aux sollicitations climatiques. Pour l’air (A), la classe s’échelonne de A1 à A4, A4 correspondant à la meilleure étanchéité. La RT 2012 recommandait, pour les bâtiments performants, de privilégier des menuiseries classées au minimum A*3, voire A*4 pour les zones les plus exposées. Une porte-fenêtre bien conçue mais mal posée peut toutefois voir cette performance théorique largement diminuée, car l’AEV ne concerne que le produit testé en laboratoire, et non la manière dont il est raccordé au bâti.

Les exigences de la RT 2012 et de la RE 2020 en matière de perméabilité à l’air se traduisent par une valeur maximale de débit de fuite rapportée à la surface déperditive (Q4Pa-surf). Or, les fuites se concentrent majoritairement au niveau des liaisons menuiseries/maçonnerie, coffres de volets roulants, trappes, etc. Pour qu’une porte-fenêtre contribue positivement au résultat, le poseur doit donc veiller à la continuité des joints, au bon réglage des ouvrants et à la compatibilité des produits d’étanchéité avec les supports. Une menuiserie classée A*4 posée sans soin peut au final se comporter comme une A*1 sur site, avec à la clé une augmentation significative des besoins de chauffage.

Les joints EPDM, silicone et leur positionnement selon le DTU 36.5

Le DTU 36.5 encadre la mise en œuvre des menuiseries extérieures et précise les règles de positionnement des joints d’étanchéité. On distingue généralement trois niveaux de protection : le joint extérieur, qui assure l’étanchéité à l’eau et au ruissellement ; le joint médian, qui gère la pression d’air entre intérieur et extérieur ; et le joint intérieur, qui garantit l’étanchéité à l’air et à la vapeur côté chaud. Les joints EPDM (élastomères) sont souvent utilisés en périphérie pour absorber les mouvements différentiels et conserver une compression efficace dans le temps, tandis que les mastics silicones ou hybrides servent à traiter des raccords ponctuels.

Un mauvais positionnement, une section de joint inadaptée ou une compression insuffisante peuvent créer des zones de fuite concentrées. Par exemple, un joint extérieur interrompu à la jonction d’un appui de baie et d’un seuil alu de porte-fenêtre devient un point d’entrée privilégié pour l’eau et l’air. À l’inverse, une stratification correcte des plans d’étanchéité, respectant le principe « extérieur plus ouvert, intérieur plus fermé », permet de gérer efficacement les transferts d’air et d’humidité. Pour vous, cela se traduit par moins de sensations de courants d’air, moins de risques de condensation dans les tableaux, et une meilleure durabilité des finitions intérieures.

Le ruban adhésif pare-vapeur et membrane d’étanchéité à l’air vario

Dans les constructions performantes, la simple pose de joints périphériques ne suffit plus : on recourt de plus en plus à des membranes d’étanchéité à l’air et des rubans adhésifs spécifiques, comme les systèmes de type Vario. Ces produits assurent la liaison étanche entre le dormant de la porte-fenêtre et les pare-vapeur ou freins-vapeur des parois (doublage intérieur, caisson d’ITE, etc.). L’objectif est d’obtenir une enveloppe continue, sans discontinuités, exactement comme une bulle que l’on viendrait refermer autour du volume chauffé. Le moindre « trou » dans cette bulle laisse l’air chaud s’échapper vers les zones froides, avec à la clé des pertes d’énergie et des risques de condensation interne.

L’utilisation de ces membranes demande une certaine rigueur : choix du bon ruban selon le support (béton, bois, plaque de plâtre, PVC), préparation soigneuse des surfaces (dépoussiérage, dégraissage), respect des recouvrements et marouflage énergique. On voit parfois des chantiers où les rubans se décollent après quelques mois, faute d’adhérence suffisante ou de compatibilité chimique avec le support. Dans ce cas, non seulement l’étanchéité est perdue, mais la confiance dans la solution globale est compromise. C’est pourquoi la formation des équipes de pose et la mise en œuvre de procédures qualité sont essentielles pour tirer pleinement parti de ces technologies d’étanchéité à l’air.

La mesure avec infiltrométrie et porte soufflante blower door

Le test d’infiltrométrie, réalisé à l’aide d’une porte soufflante de type Blower Door, constitue le juge de paix de l’étanchéité à l’air d’un bâtiment. En mettant le logement en dépression (ou en surpression) contrôlée, on mesure le débit d’air qui traverse l’enveloppe et on peut localiser les fuites à l’aide d’une caméra thermique, d’un fumigène ou simplement de la main. Les portes-fenêtres, du fait de leur grande surface et de leurs multiples interfaces (dormant, seuil, croisillons, vitrage, volets), font partie des points de contrôle privilégiés lors de ces tests.

Pour un poseur, assister à un test Blower Door est souvent très instructif : il visualise concrètement l’impact d’un joint mal écrasé, d’un seuil mal calfeutré ou d’un habillage de volet roulant non étanche. Vous, en tant que maître d’ouvrage, disposez d’une preuve objective de la qualité (ou des faiblesses) de la mise en œuvre. Anticiper ce test dès la phase de chantier, en prévoyant par exemple un contrôle intermédiaire avant les finitions intérieures, permet de corriger les défauts tant qu’ils sont encore accessibles. À terme, cette démarche contribue à sécuriser la performance énergétique annoncée au DPE et à éviter les mauvaises surprises après emménagement.

Les techniques de pose selon le référentiel RAGE et le label RGE

Les guides RAGE (Règles de l’Art Grenelle de l’Environnement) ont profondément structuré les bonnes pratiques de pose des menuiseries extérieures dans un contexte de rénovation énergétique. Ils détaillent, pour chaque configuration de paroi (isolation intérieure, isolation par l’extérieur, mur ancien, ossature bois…), les techniques recommandées pour limiter les ponts thermiques et garantir l’étanchéité à l’air et à l’eau. Les entreprises labellisées RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) s’appuient sur ces référentiels pour concevoir leurs solutions et former leurs équipes. Pour vous, choisir une entreprise RGE, c’est donc bénéficier d’une pose qui ne se contente pas d’être « solide » et « propre », mais qui intègre réellement la dimension énergétique.

La pose en applique extérieure avec isolation thermique par l’extérieur ITE

Dans le cas d’une isolation thermique par l’extérieur, la pose en applique extérieure est souvent la plus pertinente pour une porte-fenêtre. Elle consiste à positionner le dormant au nu extérieur du mur porteur, de manière à ce que l’isolant vienne recouvrir en partie le cadre. On réduit ainsi considérablement le pont thermique en jouant sur la continuité de l’isolant entre la façade et les tableaux de baie. Cette solution impose toutefois une bonne coordination entre le menuisier, le façadier et éventuellement le fabricant de volets roulants, car les réservations et les fixations doivent être anticipées dès la conception du projet.

Concrètement, la pose en applique extérieure suppose l’utilisation de tapées ou de dormants élargis pour reprendre l’épaisseur d’isolant, ainsi que d’appuis de baie compatibles (coupés thermiquement, avec goutte d’eau et pente suffisante). Si la porte-fenêtre est posée avant l’ITE, il est essentiel de prévoir des schémas de détails qui indiquent précisément où viendront se placer l’isolant et l’enduit par rapport au cadre. À défaut, on se retrouve fréquemment avec un « ressaut » disgracieux, voire avec un tableau non isolé qui annule une partie des gains espérés. Une pose maîtrisée en ITE peut, à l’inverse, faire de la porte-fenêtre un véritable atout pour les apports solaires passifs tout en limitant les pertes nocturnes.

La pose en tunnel et ses implications sur le facteur solaire sw

La pose en tunnel consiste à insérer la menuiserie dans l’épaisseur du mur, entre les tableaux, sans débord ni côté intérieur ni côté extérieur. Cette technique, fréquente dans le bâti ancien à murs épais, permet de conserver l’aspect architectural d’origine tout en intégrant une porte-fenêtre performante. Elle a toutefois des implications sur le facteur solaire Sw, c’est-à-dire la capacité de la baie à laisser entrer l’énergie solaire. En effet, plus le mur est épais et plus la porte-fenêtre est reculée, plus les tableaux agissent comme un « pare-soleil » naturel, réduisant les apports en hiver mais aussi les risques de surchauffe en été.

Pour optimiser la performance énergétique dans ce cas de figure, il convient de trouver le bon compromis entre protection solaire et gains passifs. Un positionnement légèrement avancé dans l’épaisseur du mur, associé à un traitement isolant des tableaux, peut améliorer le facteur solaire tout en maintenant une bonne isolation. De même, le choix de protections solaires adaptées (volets, stores extérieurs, brise-soleil orientables) joue un rôle important. Vous pouvez par exemple privilégier des vitrages à facteur solaire plutôt élevé sur une façade sud en tunnel, afin de compenser partiellement l’ombrage créé par les embrasures.

La pose en rénovation avec recouvrement de dormant existant

La pose en rénovation consiste à conserver le dormant existant de la porte-fenêtre (souvent en bois) et à venir fixer dessus un nouveau dormant plus fin, en recouvrement. Cette technique présente l’avantage de limiter les travaux de maçonnerie, de réduire la durée d’intervention et de préserver les finitions intérieures. En contrepartie, elle diminue légèrement la surface vitrée (réduction du clair de jour) et peut générer des ponts thermiques résiduels si le dormant d’origine n’est pas correctement isolé ou s’il présente des défauts (bois dégradé, présence d’humidité).

Pour que la performance énergétique reste au rendez-vous, plusieurs points de vigilance s’imposent : vérification de l’état structurel de l’ancien dormant, traitement éventuel (fongicide, insecticide), mise en place d’un habillage ventilé en cas de conservation d’un dormant bois, et calfeutrement rigoureux entre ancien et nouveau cadre. Vous pouvez demander à votre installateur de vous détailler les pertes de clair de jour et l’impact prévisible sur le coefficient Uw installé, de manière à arbitrer en connaissance de cause entre dépose totale et rénovation. Dans certains cas (bâti ancien, budget limité, finitions intérieures patrimoniales), la pose en rénovation reste une excellente option, à condition d’être techniquement bien maîtrisée.

Le positionnement dans l’épaisseur du mur et le coefficient uw

On parle souvent du coefficient Uw comme d’une valeur figée, associée au seul produit « porte-fenêtre ». En réalité, ce coefficient n’est pleinement pertinent qu’en tenant compte de son contexte de pose. La position de la menuiserie dans l’épaisseur du mur influence fortement les flux de chaleur qui la traversent et la façon dont elle interagit avec les parois opaques voisines. Une porte-fenêtre posée en nu intérieur sur un mur très isolé ne se comportera pas de la même manière qu’une menuiserie alignée dans le plan de l’isolant. De la même façon qu’un radiateur placé sous une fenêtre mal isolée peine à chauffer la pièce, un mauvais positionnement de la menuiserie pénalise le coefficient Uw « en situation réelle ».

Le calcul du coefficient uw installé selon la norme NF EN ISO 10077

La norme NF EN ISO 10077 permet de calculer la performance thermique des fenêtres et portes-fenêtres, en intégrant à la fois le vitrage (Ug), le châssis (Uf) et les effets des intercalaires (Ψg). Pour aller plus loin, certains logiciels et méthodes d’étude incluent également l’influence du pont thermique de liaison avec le mur, ce qui conduit à parler de Uw installé. Cette valeur, plus proche de la réalité, prend en compte le coefficient linéique Ψ de la jonction mur/menuiserie, directement lié au mode de pose et au positionnement dans l’épaisseur de la paroi.

Concrètement, une même porte-fenêtre donnée pour Uw = 1,3 W/(m².K) en laboratoire peut, selon qu’elle est posée au nu intérieur, au milieu du mur ou dans le plan de l’isolant, afficher un Uw installé variant de 1,2 à 1,6 W/(m².K). Cette différence peut sembler faible, mais multipliée par la surface totale des baies vitrées d’un logement, elle représente plusieurs centaines de kWh de chauffage par an. Lorsque vous visez une rénovation performante (BBC rénovation, par exemple), demander à votre maître d’œuvre ou à votre bureau d’études de vérifier le Uw installé vous permet de valider que le mode de pose choisi est cohérent avec vos objectifs énergétiques.

L’impact du décalage vers l’intérieur sur les condensations superficielles

Positionner une porte-fenêtre très en retrait, côté intérieur, peut sembler pratique pour les finitions, mais cela déplace la zone de transition thermique vers la face intérieure du mur. La température de surface des tableaux et des angles de baie diminue alors, surtout en hiver, ce qui augmente le risque de condensation superficielle. Vous pouvez l’observer lorsque de la buée se forme systématiquement sur les bords du vitrage ou que des traces noires (moisissures) apparaissent dans les angles du plafond près de la baie : l’air intérieur chaud et humide condense sur des surfaces trop froides.

À l’inverse, un positionnement plus proche du plan médian de l’isolant adoucit ces gradients de température et limite les zones à risque. L’analogie avec une écharpe est parlante : si vous la portez trop en arrière, votre gorge reste exposée au froid ; si vous la positionnez bien au milieu, la transition entre l’air extérieur et votre peau est plus progressive et confortable. De plus, un bon positionnement réduit les phénomènes de convection d’air froid le long des vitrages, responsables de la sensation de paroi froide : vous pouvez alors profiter de votre baie vitrée sans avoir à vous en éloigner de 2 mètres en plein mois de janvier.

La règle des deux tiers côté isolant pour minimiser les déperditions

Une règle simple, souvent citée par les thermiciens, consiste à placer la menuiserie aux deux tiers dans la zone isolée du mur. Autrement dit, la porte-fenêtre doit idéalement se situer dans le plan de l’isolant ou légèrement décalée vers la zone chauffée, plutôt que collée au nu extérieur ou au nu intérieur. Cette « règle des deux tiers côté isolant » permet de minimiser le pont thermique au droit de la jonction, tout en assurant des températures de surface suffisamment élevées côté intérieur pour éviter la condensation.

Dans la pratique, cette règle doit composer avec les contraintes architecturales (appuis existants, volets battants, esthétique des façades) et techniques (épaisseur d’isolant, type de mur porteur). Le rôle du professionnel est alors de proposer le meilleur compromis, en expliquant clairement les conséquences de chaque option sur la performance énergétique. En tant que particulier, vous pouvez lui poser la question suivante : « Où se situe le plan de mon isolant, et ma porte-fenêtre sera-t-elle alignée dessus ? ». Si la réponse est floue, il peut être utile de demander un schéma de principe ou l’avis d’un bureau d’études thermiques.

Les matériaux d’interface et leur conductivité thermique lambda

Entre le dormant de la porte-fenêtre et la maçonnerie, les matériaux d’interface jouent un rôle souvent sous-estimé. Cales de pose, appuis préfabriqués, bandes de redressement, bavettes, isolants complémentaires… tous ces éléments intermédiaires possèdent une conductivité thermique (lambda) qui influence directement le comportement du détail constructif. Utiliser des cales pleines en PVC ou en bois dur sous un dormant alu, par exemple, ne produit pas les mêmes effets qu’un appui isolant en mousse rigide à lambda très faible.

Pour limiter les déperditions, il est recommandé de privilégier des matériaux à faible lambda partout où cela est compatible avec les contraintes mécaniques : blocs d’appui isolants, consoles thermiques pour les grandes baies, bandes résilientes sous dormant, laine minérale haute densité dans les tableaux plutôt que mortier plein, etc. Les mousses imprégnées de type « compribande » assurent à la fois l’étanchéité et un certain niveau d’isolation, à condition d’être correctement dimensionnées. À l’inverse, des remplissages de joints au mortier ciment ou au plâtre créent de véritables « ponts en béton » dans l’isolation, annulant en partie les bénéfices d’un vitrage performant.

On peut comparer ces matériaux d’interface aux semelles d’une chaussure : si vous portez une semelle en métal, le froid remontera directement dans votre pied, même avec une bonne chaussette ; avec une semelle isolante en mousse, la sensation sera tout autre. Pour votre porte-fenêtre, c’est exactement la même logique : un bon choix de matériaux au droit du seuil, des tableaux et de la traverse haute améliore durablement le confort et réduit les consommations de chauffage.

La certification acotherm et les écarts entre performances théoriques et réelles

Les certifications comme Acotherm ont pour vocation de garantir les performances acoustiques et thermiques des menuiseries fabriquées en usine. Un label Acotherm avec un classement thermique Th11, par exemple, atteste qu’une porte-fenêtre a été testée selon un protocole normé et qu’elle atteint un certain niveau de Uw en conditions de laboratoire. C’est un excellent point de départ pour choisir un produit, mais cela ne préjuge en rien de la qualité de la pose ni des performances réelles une fois la menuiserie installée dans votre logement.

Dans la pratique, les écarts entre performances théoriques et réelles proviennent majoritairement des interfaces : ponts thermiques de liaison, défauts d’étanchéité à l’air, absence de continuité de l’isolant, choix de matériaux d’interface inadaptés. Une étude menée sur des rénovations en logement collectif a ainsi montré que des menuiseries très performantes (Uw certifié inférieur à 1,3 W/(m².K)) pouvaient, une fois posées sans traitement particulier des tableaux, n’apporter qu’un gain modeste sur la consommation globale de chauffage. À l’inverse, des menuiseries de gamme intermédiaire, mais installées avec une attention particulière aux détails (dépose totale, isolation des tableaux, membranes d’étanchéité), affichaient des résultats réels bien plus proches des simulations initiales.

Pour réduire cet écart, il est essentiel de coupler le choix d’une porte-fenêtre certifiée (Acotherm, Cekal, NF, etc.) avec une mise en œuvre conforme aux règles de l’art et, idéalement, contrôlée (autocontrôles internes, tests d’infiltrométrie, relevés thermographiques). Vous pouvez demander à votre installateur de joindre à son devis les fiches techniques des menuiseries (mentionnant le Uw, Sw, TLw, classement AEV) ainsi qu’une description précise du mode de pose prévu. C’est en combinant un produit bien certifié et une pose énergétiquement optimisée que vous obtiendrez, au final, la performance énergétique réellement attendue de votre porte-fenêtre.